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  •  - Par Anonyme

    Je me rappelle lorsque je me suis connectée à Internet pour la première fois. Il me semble que j'avais 13 ans. Mes parents devaient avoir un forfait 10h qui, lorsque je m'y connectais depuis un modem qui faisait des bruits étranges, coupait la ligne téléphonique. D'où les « Sev ! Déconnecte-toi !! Faut que je passe un coup de fil !! » de mes parents.
    C'était du 56K... et je vois aujourd'hui tout le chemin parcouru. Je vois aujourd'hui ces progrès que nous avons fait depuis, je ressens toute la puissance de ce média, ayant depuis choisi le métier d'intégratice web, alors que je percevais déjà jadis toutes les potentialités du web.
    Mais si nous retournions dans le vif du sujet, celui qui nous intéresse, cette époque où je n'avais pas Internet.
    Je vais choisir plutôt un petit peu avant, l'année où je n'avais pas le web, mais où j'en avais lu quelque chose dans un Science et Vie Junior à l'âge de 11 ou 12 ans.
    Il y avait alors un article avec de jeunes ados à peine plus âgés que moi qui disaient : « moi, j'ai Internet ». Je me demandais bien ce que c'était que ce truc qui passait semblait-il par les fils du téléphone, et il me semble bien que je me posais tellement de questions dessus que je n'en ai pas dormi une nuit ou deux ensuite.
    Enfin quoiqu'il en soit, à l'époque, il n'y avait ni Deezer, ni Youtube, ni eMule. Les clips, je les suivais le matin avant d'aller au collège sur M6. Et dès qu'il y avait ce tube qui me prenait aux tripes qu'il me fallait à tout prix, je taxais tout naturellement les CD à mes copines, que j'enregistrais sur K7 audio et que je me passais dans mon cher Walkman ensuite. Jusqu'à 1h30 de musique recto-verso, avec une bande qui s'emmêlait les pinceaux parfois, faisant d'abominables bloup-bloup dans mon casque audio, aaaaah !!! Inutile de dire que j'apprécie désormais pouvoir écouter, à tout moment, un morceau depuis Youtube, avec l'image en prime, dès que j'en ai envie !
    Tiens c'est comme les devoirs à la maison ! Avant, j'allais au CDI, à la bibliothèque du coin, je faisais une recherche dans BCDI et hop, c'était parti la recherche dans des rayons à chercher le passage exact dans des bouquins de 500 pages ! Quand j'y pense, maintenant je tape ça sur Google et Wikipédia et je peux en sortir une thèse !
    Quand je voulais parler à une copine qui avait déménagé à 30 kilomètres (trop loin pour m'y rendre seule à vélo, donc), « j'empruntais » la ligne téléphonique familiale même pas illimitée pendant 2h le mercredi et filais des sueurs froides à mes parents quand ils voyaient la facture ! Maintenant, un coup de Skype, ou bien de téléphonie illimitée et pas d'engueulades ! Vive le progrès !
    Quant aux réseaux sociaux, quelle merveille ! Lorsque j'étais au primaire, j'ai habité en Allemagne. Puis, j'ai déménagé en France, et perdu de vue mes amis, avec qui j'avais entretenu une correspondance épistolaire qui peu à peu s'est essoufflée, jusqu'à devenir finalement inexistante, la faute au coût du timbre et à la flemme d'écrire à la main sans doute... Et en 2008, ô miracle, 15 ans après, j'ai retrouvé tous ces amis qui m'étaient chers, en 5 minutes, grâce à Facebook !
    Qu'Internet prendrait autant de place dans ma vie, que j'y apporterais ma pierre grâce à mon métier, je l'ai d'instinct toujours su. Pour le reste...
    Je pense qu'Internet a révolutionné notre façon d'interagir avec son prochain, dans la vie professionnelle comme dans celle de tous les jours. Je pense également qu'elle génère cette chance pour tout un chacun d'accéder au savoir, ce qui n'était pas forcément possible auparavant. Avec ses aspects positifs comme négatifs : on peut partager de nouvelles découvertes avec le monde scientifique ou s'approprier l'information à la vitesse de l'éclair, comme trouver très aisément la recette d'une petite bombe maison pour anéantir son prochain...
    Mais le progrès a toujours été ambivalent. Chaque découverte, et je pense notamment aux travaux d'Einstein, apportent leurs lots d'actes positifs comme négatifs.
    C'est sûr que lorsque je regarde les enfants d'aujourd'hui, déjà accros aux jeux en ligne, je repense avec une immense nostalgie à l'époque où moi et mes petits camarades passions notre temps dehors à faire du vélo et à construire des cabanes dans les bois, nous amusant de rien. Alors que d'un autre côté, je n'avais pas conscience, comme eux, de l'existence du monde dans sa globalité, car les distances composaient d'immenses frontières qui me paraissaient infranchissables. Et chaque petit jour qui passe aujourd'hui efface ces frontières...
    Ce que je redoute cependant est la rapidité de circulation de l'information, qui grâce à ce médium, est devenue exponentielle. Là où la rumeur villageoise pouvait mettre plusieurs semaines, là, en l'espace de quelques minutes, la force d'Internet peut vous détruire, vous et votre réputation, laissant une trace indélébile. Les exemples ne manquent malheureusement pas...
    La où la mémoire humaine avait ses failles et la capacité de vous oublier, Internet garde une trace de vous, pour la postérité. C'est une mauvaise chose bien sûr, mais si nous en jouions ?
    Mon arrière-grand-père nous a laissés ses chansons, ses pensées dans des carnets que mon père a eu la chance de retrouver. C'est avec une grande surprise et une immense joie que nous avons pu découvrir, imaginer, un jour, l'histoire de quelques instants à Noël, cette personne extraordinaire qu'il était que que nous n'avions jamais connu.
    Et aujourd'hui, grâce à Internet ? Nous avons l'occasion inespérée de transmettre ce à quoi nous ressemblions, notre façon de parler, nos valeurs, notre culture, notre savoir à notre descendance. A nous de ne pas la gâcher, et à nous de l'exploiter le plus dignement possible.

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