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  •  - Par Anonyme

    Ce documentaire est tellement bien sur les enjeux politiques d'un net libre et ouvert, la nécessité d'une pédagogie, l'importance de l'hacktivisme, quel qu'il soit. Il m'a rappelé tant de choses, surtout la façon dont internet est apparu dans ma vie, avec le sentiment déjà présent que, bordel, cela allait radicalement changer des choses chez moi. Ce qui fut évidemment le cas, dans des proportions à peine imaginables. C'était fascinant.

    A l'époque, toute fin des années 90, j'étais simplement jeune et plein d'ennui, ni populaire ni paria, mais avec une envie inassouvie d'autre chose. Un jour, mon père a décidé, après maints efforts de ma part, de prendre un abonnement à internet. Le lendemain, je mettais ma première page html en ligne.
    Il a ensuite fallu bidouiller, apprendre, comprendre le fonctionnement, envoyer des mails, contacter des inconnu(e)s, découvrir avec curiosité un tas de trucs. Ce n'était pas grand-chose, ça n'était même pas être "geek" à ce modeste niveau, c'était simplement le cheminement nécessaire pour parvenir à publier.
    C'était il y a quatorze ans, ce qui est tôt et tard à la fois dans l'histoire d'internet. Mais tout ça fut fondateur, pour moi en tout cas. Je sais pas, vous.
    Dans ce docu, il y a une grande partie de l'excitation initiale : "on agit sans demander la permission", la bidouillabilité, la capacité de construire quelque chose par soi-même, surtout l'impression d'avoir une étendue mouvante et incroyablement riche. Et aussi quelque chose de vivant à défendre, qui ne supportait pas d'être cornaqué de trop près, au risque de perdre sa formidable raison d'être et de crever. Crever d'ennui et de peur.

    Internet est une chose trop importante pour être laissé à ceux qui le prenne au sérieux.

    Dans cette contre-histoire, le discours sur la compréhension du code, de ce que ça représente, est aussi très éclairant pour ceux qui n'en saisissent pas tout.
    "Les gens doivent comprendre comment la technologie fonctionne et non voir celle-ci comme une mystérieuse boîte noire." - J. Jarvis. Oh oui, oui, oui !
    Bref, la contre-histoire d'internet rappelle très fort Antoine Lefébure, qui disait à propos des radios libres :
    "On en a marre des monopoles, avec des spécialistes qui font tout à notre place. On veut s'emparer de la radio, de la musique, de la ville. C'est pourquoi on commence à bricoler. On passe de citoyens désarmés à pirates armés."

  •  - Par Anonyme

    Ce documentaire est tellement bien sur les enjeux politiques d'un net libre et ouvert, la nécessité d'une pédagogie, l'importance de l'hacktivisme, quel qu'il soit. Il m'a rappelé tant de choses, surtout la façon dont internet est apparu dans ma vie, avec le sentiment déjà présent que, bordel, cela allait radicalement changer des choses chez moi. Ce qui fut évidemment le cas, dans des proportions à peine imaginables. C'était fascinant.

    A l'époque, toute fin des années 90, j'étais simplement jeune et plein d'ennui, ni populaire ni paria, mais avec une envie inassouvie d'autre chose. Un jour, mon père a décidé, après maints efforts de ma part, de prendre un abonnement à internet. Le lendemain, je mettais ma première page html en ligne.
    Il a ensuite fallu bidouiller, apprendre, comprendre le fonctionnement, envoyer des mails, contacter des inconnu(e)s, découvrir avec curiosité un tas de trucs. Ce n'était pas grand-chose, ça n'était même pas être "geek" à ce modeste niveau, c'était simplement le cheminement nécessaire pour parvenir à publier.
    C'était il y a quatorze ans, ce qui est tôt et tard à la fois dans l'histoire d'internet. Mais tout ça fut fondateur, pour moi en tout cas. Je sais pas, vous.
    Dans ce docu, il y a une grande partie de l'excitation initiale : "on agit sans demander la permission", la bidouillabilité, la capacité de construire quelque chose par soi-même, surtout l'impression d'avoir une étendue mouvante et incroyablement riche. Et aussi quelque chose de vivant à défendre, qui ne supportait pas d'être cornaqué de trop près, au risque de perdre sa formidable raison d'être et de crever. Crever d'ennui et de peur.

    Internet est une chose trop importante pour être laissé à ceux qui le prenne au sérieux.

    Dans cette contre-histoire, le discours sur la compréhension du code, de ce que ça représente, est aussi très éclairant pour ceux qui n'en saisissent pas tout.
    "Les gens doivent comprendre comment la technologie fonctionne et non voir celle-ci comme une mystérieuse boîte noire." - J. Jarvis. Oh oui, oui, oui !
    Bref, la contre-histoire d'internet rappelle très fort Antoine Lefébure, qui disait à propos des radios libres :
    "On en a marre des monopoles, avec des spécialistes qui font tout à notre place. On veut s'emparer de la radio, de la musique, de la ville. C'est pourquoi on commence à bricoler. On passe de citoyens désarmés à pirates armés."

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    A l'époque, toute fin des années 90, j'étais simplement jeune et plein d'ennui, ni populaire ni paria, mais avec une envie inassouvie d'autre chose. Un jour, mon père a décidé, après maints efforts de ma part, de prendre un abonnement à internet. Le lendemain, je mettais ma première page html en ligne.
    Il a ensuite fallu bidouiller, apprendre, comprendre le fonctionnement, envoyer des mails, contacter des inconnu(e)s, découvrir avec curiosité un tas de trucs. Ce n'était pas grand-chose, ça n'était même pas être "geek" à ce modeste niveau, c'était simplement le cheminement nécessaire pour parvenir à publier.
    C'était il y a quatorze ans, ce qui est tôt et tard à la fois dans l'histoire d'internet. Mais tout ça fut fondateur, pour moi en tout cas. Je sais pas, vous.
    Dans ce docu, il y a une grande partie de l'excitation initiale : "on agit sans demander la permission", la bidouillabilité, la capacité de construire quelque chose par soi-même, surtout l'impression d'avoir une étendue mouvante et incroyablement riche. Et aussi quelque chose de vivant à défendre, qui ne supportait pas d'être cornaqué de trop près, au risque de perdre sa formidable raison d'être et de crever. Crever d'ennui et de peur.

    Internet est une chose trop importante pour être laissé à ceux qui le prenne au sérieux.

    Dans cette contre-histoire, le discours sur la compréhension du code, de ce que ça représente, est aussi très éclairant pour ceux qui n'en saisissent pas tout.
    "Les gens doivent comprendre comment la technologie fonctionne et non voir celle-ci comme une mystérieuse boîte noire." - J. Jarvis. Oh oui, oui, oui !
    Bref, la contre-histoire d'internet rappelle très fort Antoine Lefébure, qui disait à propos des radios libres :
    "On en a marre des monopoles, avec des spécialistes qui font tout à notre place. On veut s'emparer de la radio, de la musique, de la ville. C'est pourquoi on commence à bricoler. On passe de citoyens désarmés à pirates armés."

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    Ce documentaire est tellement bien sur les enjeux politiques d'un net libre et ouvert, la nécessité d'une pédagogie, l'importance de l'hacktivisme, quel qu'il soit. Il m'a rappelé tant de choses, surtout la façon dont internet est apparu dans ma vie, avec le sentiment déjà présent que, bordel, cela allait radicalement changer des choses chez moi. Ce qui fut évidemment le cas, dans des proportions à peine imaginables. C'était fascinant.

    A l'époque, toute fin des années 90, j'étais simplement jeune et plein d'ennui, ni populaire ni paria, mais avec une envie inassouvie d'autre chose. Un jour, mon père a décidé, après maints efforts de ma part, de prendre un abonnement à internet. Le lendemain, je mettais ma première page html en ligne.
    Il a ensuite fallu bidouiller, apprendre, comprendre le fonctionnement, envoyer des mails, contacter des inconnu(e)s, découvrir avec curiosité un tas de trucs. Ce n'était pas grand-chose, ça n'était même pas être "geek" à ce modeste niveau, c'était simplement le cheminement nécessaire pour parvenir à publier.
    C'était il y a quatorze ans, ce qui est tôt et tard à la fois dans l'histoire d'internet. Mais tout ça fut fondateur, pour moi en tout cas. Je sais pas, vous.
    Dans ce docu, il y a une grande partie de l'excitation initiale : "on agit sans demander la permission", la bidouillabilité, la capacité de construire quelque chose par soi-même, surtout l'impression d'avoir une étendue mouvante et incroyablement riche. Et aussi quelque chose de vivant à défendre, qui ne supportait pas d'être cornaqué de trop près, au risque de perdre sa formidable raison d'être et de crever. Crever d'ennui et de peur.

    Internet est une chose trop importante pour être laissé à ceux qui le prenne au sérieux.

    Dans cette contre-histoire, le discours sur la compréhension du code, de ce que ça représente, est aussi très éclairant pour ceux qui n'en saisissent pas tout.
    "Les gens doivent comprendre comment la technologie fonctionne et non voir celle-ci comme une mystérieuse boîte noire." - J. Jarvis. Oh oui, oui, oui !
    Bref, la contre-histoire d'internet rappelle très fort Antoine Lefébure, qui disait à propos des radios libres :
    "On en a marre des monopoles, avec des spécialistes qui font tout à notre place. On veut s'emparer de la radio, de la musique, de la ville. C'est pourquoi on commence à bricoler. On passe de citoyens désarmés à pirates armés."

  •  - Par Anonyme

    Ce documentaire est tellement bien sur les enjeux politiques d'un net libre et ouvert, la nécessité d'une pédagogie, l'importance de l'hacktivisme, quel qu'il soit. Il m'a rappelé tant de choses, surtout la façon dont internet est apparu dans ma vie, avec le sentiment déjà présent que, bordel, cela allait radicalement changer des choses chez moi. Ce qui fut évidemment le cas, dans des proportions à peine imaginables. C'était fascinant.

    A l'époque, toute fin des années 90, j'étais simplement jeune et plein d'ennui, ni populaire ni paria, mais avec une envie inassouvie d'autre chose. Un jour, mon père a décidé, après maints efforts de ma part, de prendre un abonnement à internet. Le lendemain, je mettais ma première page html en ligne.
    Il a ensuite fallu bidouiller, apprendre, comprendre le fonctionnement, envoyer des mails, contacter des inconnu(e)s, découvrir avec curiosité un tas de trucs. Ce n'était pas grand-chose, ça n'était même pas être "geek" à ce modeste niveau, c'était simplement le cheminement nécessaire pour parvenir à publier.
    C'était il y a quatorze ans, ce qui est tôt et tard à la fois dans l'histoire d'internet. Mais tout ça fut fondateur, pour moi en tout cas. Je sais pas, vous.
    Dans ce docu, il y a une grande partie de l'excitation initiale : "on agit sans demander la permission", la bidouillabilité, la capacité de construire quelque chose par soi-même, surtout l'impression d'avoir une étendue mouvante et incroyablement riche. Et aussi quelque chose de vivant à défendre, qui ne supportait pas d'être cornaqué de trop près, au risque de perdre sa formidable raison d'être et de crever. Crever d'ennui et de peur.

    Internet est une chose trop importante pour être laissé à ceux qui le prenne au sérieux.

    Dans cette contre-histoire, le discours sur la compréhension du code, de ce que ça représente, est aussi très éclairant pour ceux qui n'en saisissent pas tout.
    "Les gens doivent comprendre comment la technologie fonctionne et non voir celle-ci comme une mystérieuse boîte noire." - J. Jarvis. Oh oui, oui, oui !
    Bref, la contre-histoire d'internet rappelle très fort Antoine Lefébure, qui disait à propos des radios libres :
    "On en a marre des monopoles, avec des spécialistes qui font tout à notre place. On veut s'emparer de la radio, de la musique, de la ville. C'est pourquoi on commence à bricoler. On passe de citoyens désarmés à pirates armés."

  •  - Par Julielm

    1999, j'ai 15 ans, j'obtiens pour la première fois ma connexion Internet et c'est partie pour une grande histoire d'amour.

    Premier centre d'intérêt à explorer : les jeux vidéos. J'explore le web français que je trouve, à l'époque, plutôt limité. Mais je tombe par la suite sur les sites (en anglais) du web Américain et, oh joie, il y a des communautés autour de mes jeux préférés. Je me mets à correspondre avec une Américaine, dont j'ai trouvé les coordonnées sur un site, qui m'introduit sur un forum antique (à l'époque, pas de sujets, toutes les interventions sont postées à la suite). Dans les débuts, c'est plutôt laborieux, mon anglais est limité et je me contente de beaucoup parler de fromage (frenchitude oblige). Mais voilà une motivation énorme pour apprendre l'anglais. Mes notes en la matière, plutôt moyennes depuis le début du collège, commencent à augmenter : j'apprends les listes de verbes irréguliers avec délice.
    Par ailleurs je me rends compte que tous ces gens-là dessinent, et que de bien dessiner est une source de prestige certaine. ça tombe bien, j'aime bien dessiner. Je me mets à produire en masse, m'inspirant au fil des années de mes admirations successives. Je créée mon premier site (sur Publisher, idée idiote).

    Notre forum antique finit par être fermé, et un de mes bons amis (qui, il se trouve, tient un des fansites les plus importants sur le jeu vidéo qui nous intéresse) créée son forum (un BB Board). J'y suis dès le premier jour : ce sera ma base arrière sur Internet pendant plusieurs années.
    Le forum dans lequel je suis fédère sa propre communauté : nous vivons des aventures formidables, créant l'événement autour des bonnes idées des uns et des autres (une bonne idée de ma part : je découvre que de créer des smilies, c'est simple, j'en customize plein puis je me mets en tête d'en créer à l'effigie des avatar de mes amis. Succès fou.)
    En discutant de tout, nous en venons aussi à discuter politique : en 2002, lors de la guerre en Irak, je suis française, je suis contre, évidemment ; je me rends compte que la moitié de mes amis américains sont pour. S'ensuivent de longues argumentations. Au fil de ces discussions, je fait une découverte qui change ma vie : je me rends compte que mes amis américains baignent dans un univers médiatique extrêmement différent du mien, et que, compte tenu des informations qu'ils reçoivent, il est logique qu'ils puissent arriver à des conclusions qui me paraissent inconcevables. Je ne change pas d'avis sur la guerre en Irak - mais je regarde avec plus de méfiance depuis les limites de mon univers médiatique et je m'énerve désormais quand on me tient des discours du type "ils sont fous ces américains".
    Nous nous plumons également sur le conflit Israël-Palestine (nous sommes en plein pendant la seconde intifada) et je me fais notamment traiter de nazie par un ami juif américain parce que le proteste contre le couvre-feu imposé dans les territoires. Plus tard, sur AIM, nous réglerons nos différents et négocierons avec succès la paix au Moyen-Orient (j'arrête le terrorisme, il démantèle les colonies).

    Au fil du temps, notre forum devient un peu un repaire de trolls. A un moment, nous sommes attaqués par un faux culte, les "genos", prônant l'uniformité. En fait, il s'agit de représentants des forums SomethingAwful. On s'énerve un peu avant de remonter la piste.
    Sinon, le forum génère ses propres trolls au fur et à mesure que les habitués vieillissent, alors que les nouveaux sont toujours aussi naïfs. Je ne fais pas dans le troll, ce n'est pas mon style (dans la typologie des flamewarriors, je me positionne plutôt entre le "philosophe" et l'"ent") - mais je m'entend bien avec nos trolls. Déjà, il y en a un certain nombre que je connais depuis leur période non-troll. Ensuite, nos trolls s'attaquent généralement aux forumeurs politiquement conservateurs sans imagination : nous sommes donc alliés objectifs (c'est que je n'ai pas arrêté de discuter politique...).

    Mais mon forum arrive quand même en fin de vie, mon intérêt pour les jeux vidéos s'amenuise, et je migre de plus en plus sur les forums de DeviantArt. Il se trouve que j'ai continué à dessiner, et que j'ai donc écumé toutes les galeries en ligne pour mettre mes dessins en ligne. DeviantArt, c'est un aboutissement : on peut tout faire là dessus, commenter les dessins, avoir des amis, faire des favoris... Toutes les attentes auxquelles ne répondaient que partiellement les galeries que j'ai pu fréquenter avant. Je fréquente activement le forum cinéma, le forum livre, et le forum politique. Là aussi, je discute politique avec mes interlocuteurs internationaux. J'arrive à trouver des terrains d'entente avec les néocons américains, mais je finis par laisser choir la discussion avec le nazi belge.
    En 2006, c'est la guerre entre le Liban et Israël. Il se trouve que je suis amie DeviantArt avec deux libanais, qui racontent les bombardements de Beyrouth dans leur journal. Je créée un sujet sur le forum politique pour inviter les DeviantArtists libanais et israéliens à raconter leur version de l'histoire, en me disant que la confrontation peut être intéressante. Une demi-douzaine d'israéliens viennent donner leur version, mais pas de libanais. Plus tard, je lirais un article qui indique que pendant cette guerre, les israéliens ont en masse consulté les blogs des libanais, afin de mieux connaître le situation derrière les lignes. J'ai le sentiment de faire partie de l'Histoire.

    Je dessine de moins en moins, ma vie réelle tend à s'animer (ce qui me laisse moins disponible pour ma vie en ligne) et mes centres d'intérêt changent. Je déserte quelque peu les forums DeviantArt pour aller sur le forums d'IMDb où je peux discuter de façon plus précise mes adorations cinématographiques. Je suranalyse, entre autres, la Ligne Rouge et les Infiltrés. Je découvre aussi le forum Citizen Kane, qui a un fonctionnement très amusant : comme Citizen Kane est cité comme le meilleur film américain par la liste proposée par l'American Film Institute, son forum accueille quotidiennement des messages de grands esprits qui clament haut et fort qu'il l'on vu, et qu'il est surévalué. Du coup, la communauté des habitués s'est adaptée : leur quotidien est de faire des rebuffades inventives puis de court-circuiter le discussion pour discuter des derniers films qu'ils ont vu. Je me mêle à eux et je prends plein de références. Plus tard, nous nous ferons recruter sur un forum de "réfugiés" du forum musique d'IMDb dont le modérateur invite en VIP les gens dont il apprécie les contributions. L'ambiance y est très bonne et très internationale : il y a des américains, des anglais, des néérlandais, des australiens, des israéliens, etc. Je lis ce que racontent mes amies américaines qui se demandent (pour les plus jeunes) si cela vaut vraiment le coup de s'endetter à vie pour faire des études supérieures ou (pour les plus âgées) comment faire pour continuer des études avec la somme de dettes qu'elles ont accumulées et je me dis que le système des études supérieures américain marche sur la tête.

    Depuis, ma vie réelle a décidément pris plus d'ampleur. Je lis toujours des sites américains, mais je vais beaucoup moins sur les forums.

    Bilan de ces années ? Je lis et j'écris désormais en anglais couramment (pour le parler, c'est plus compliqué), mes capacités en dessin ont augmenté, mes capacités en argumentation se sont très fortement blindées, ce qui m'a servi à beaucoup de reprises par la suite. J'ai le sentiment que grâce à mes débats sans fins avec mes américains, je sais mieux ouvrir le débat et donner leur chance à des idées contradictoires, sans préjuger de leur intérêt - et j'ai le sentiment que c'est important. Je pense que ma vision du monde est plus nuancée que si j'avais évolué sans cela. Et puis j'ai gardé de cela une notion assez intuitive de la façon dont peuvent fonctionner les forums et les communautés, qui me sert, en fait, dans ma vie professionnelle. Quand je lis l'Encyclopedia Dramatica, je trouve des tas de forums, d'éléments ou de gens que j'ai pu côtoyer en vrai. Et ça, c'est cool.

  •  - Par Julielm

    1999, j'ai 15 ans, j'obtiens pour la première fois ma connexion Internet et c'est partie pour une grande histoire d'amour.

    Premier centre d'intérêt à explorer : les jeux vidéos. J'explore le web français que je trouve, à l'époque, plutôt limité. Mais je tombe par la suite sur les sites (en anglais) du web Américain et, oh joie, il y a des communautés autour de mes jeux préférés. Je me mets à correspondre avec une Américaine, dont j'ai trouvé les coordonnées sur un site, qui m'introduit sur un forum antique (à l'époque, pas de sujets, toutes les interventions sont postées à la suite). Dans les débuts, c'est plutôt laborieux, mon anglais est limité et je me contente de beaucoup parler de fromage (frenchitude oblige). Mais voilà une motivation énorme pour apprendre l'anglais. Mes notes en la matière, plutôt moyennes depuis le début du collège, commencent à augmenter : j'apprends les listes de verbes irréguliers avec délice.
    Par ailleurs je me rends compte que tous ces gens-là dessinent, et que de bien dessiner est une source de prestige certaine. ça tombe bien, j'aime bien dessiner. Je me mets à produire en masse, m'inspirant au fil des années de mes admirations successives. Je créée mon premier site (sur Publisher, idée idiote).

    Notre forum antique finit par être fermé, et un de mes bons amis (qui, il se trouve, tient un des fansites les plus importants sur le jeu vidéo qui nous intéresse) créée son forum (un BB Board). J'y suis dès le premier jour : ce sera ma base arrière sur Internet pendant plusieurs années.
    Le forum dans lequel je suis fédère sa propre communauté : nous vivons des aventures formidables, créant l'événement autour des bonnes idées des uns et des autres (une bonne idée de ma part : je découvre que de créer des smilies, c'est simple, j'en customize plein puis je me mets en tête d'en créer à l'effigie des avatar de mes amis. Succès fou.)
    En discutant de tout, nous en venons aussi à discuter politique : en 2002, lors de la guerre en Irak, je suis française, je suis contre, évidemment ; je me rends compte que la moitié de mes amis américains sont pour. S'ensuivent de longues argumentations. Au fil de ces discussions, je fait une découverte qui change ma vie : je me rends compte que mes amis américains baignent dans un univers médiatique extrêmement différent du mien, et que, compte tenu des informations qu'ils reçoivent, il est logique qu'ils puissent arriver à des conclusions qui me paraissent inconcevables. Je ne change pas d'avis sur la guerre en Irak - mais je regarde avec plus de méfiance depuis les limites de mon univers médiatique et je m'énerve désormais quand on me tient des discours du type "ils sont fous ces américains".
    Nous nous plumons également sur le conflit Israël-Palestine (nous sommes en plein pendant la seconde intifada) et je me fais notamment traiter de nazie par un ami juif américain parce que le proteste contre le couvre-feu imposé dans les territoires. Plus tard, sur AIM, nous réglerons nos différents et négocierons avec succès la paix au Moyen-Orient (j'arrête le terrorisme, il démantèle les colonies).

    Au fil du temps, notre forum devient un peu un repaire de trolls. A un moment, nous sommes attaqués par un faux culte, les "genos", prônant l'uniformité. En fait, il s'agit de représentants des forums SomethingAwful. On s'énerve un peu avant de remonter la piste.
    Sinon, le forum génère ses propres trolls au fur et à mesure que les habitués vieillissent, alors que les nouveaux sont toujours aussi naïfs. Je ne fais pas dans le troll, ce n'est pas mon style (dans la typologie des flamewarriors, je me positionne plutôt entre le "philosophe" et l'"ent") - mais je m'entend bien avec nos trolls. Déjà, il y en a un certain nombre que je connais depuis leur période non-troll. Ensuite, nos trolls s'attaquent généralement aux forumeurs politiquement conservateurs sans imagination : nous sommes donc alliés objectifs (c'est que je n'ai pas arrêté de discuter politique...).

    Mais mon forum arrive quand même en fin de vie, mon intérêt pour les jeux vidéos s'amenuise, et je migre de plus en plus sur les forums de DeviantArt. Il se trouve que j'ai continué à dessiner, et que j'ai donc écumé toutes les galeries en ligne pour mettre mes dessins en ligne. DeviantArt, c'est un aboutissement : on peut tout faire là dessus, commenter les dessins, avoir des amis, faire des favoris... Toutes les attentes auxquelles ne répondaient que partiellement les galeries que j'ai pu fréquenter avant. Je fréquente activement le forum cinéma, le forum livre, et le forum politique. Là aussi, je discute politique avec mes interlocuteurs internationaux. J'arrive à trouver des terrains d'entente avec les néocons américains, mais je finis par laisser choir la discussion avec le nazi belge.
    En 2006, c'est la guerre entre le Liban et Israël. Il se trouve que je suis amie DeviantArt avec deux libanais, qui racontent les bombardements de Beyrouth dans leur journal. Je créée un sujet sur le forum politique pour inviter les DeviantArtists libanais et israéliens à raconter leur version de l'histoire, en me disant que la confrontation peut être intéressante. Une demi-douzaine d'israéliens viennent donner leur version, mais pas de libanais. Plus tard, je lirais un article qui indique que pendant cette guerre, les israéliens ont en masse consulté les blogs des libanais, afin de mieux connaître le situation derrière les lignes. J'ai le sentiment de faire partie de l'Histoire.

    Je dessine de moins en moins, ma vie réelle tend à s'animer (ce qui me laisse moins disponible pour ma vie en ligne) et mes centres d'intérêt changent. Je déserte quelque peu les forums DeviantArt pour aller sur le forums d'IMDb où je peux discuter de façon plus précise mes adorations cinématographiques. Je suranalyse, entre autres, la Ligne Rouge et les Infiltrés. Je découvre aussi le forum Citizen Kane, qui a un fonctionnement très amusant : comme Citizen Kane est cité comme le meilleur film américain par la liste proposée par l'American Film Institute, son forum accueille quotidiennement des messages de grands esprits qui clament haut et fort qu'il l'on vu, et qu'il est surévalué. Du coup, la communauté des habitués s'est adaptée : leur quotidien est de faire des rebuffades inventives puis de court-circuiter le discussion pour discuter des derniers films qu'ils ont vu. Je me mêle à eux et je prends plein de références. Plus tard, nous nous ferons recruter sur un forum de "réfugiés" du forum musique d'IMDb dont le modérateur invite en VIP les gens dont il apprécie les contributions. L'ambiance y est très bonne et très internationale : il y a des américains, des anglais, des néérlandais, des australiens, des israéliens, etc. Je lis ce que racontent mes amies américaines qui se demandent (pour les plus jeunes) si cela vaut vraiment le coup de s'endetter à vie pour faire des études supérieures ou (pour les plus âgées) comment faire pour continuer des études avec la somme de dettes qu'elles ont accumulées et je me dis que le système des études supérieures américain marche sur la tête.

    Depuis, ma vie réelle a décidément pris plus d'ampleur. Je lis toujours des sites américains, mais je vais beaucoup moins sur les forums.

    Bilan de ces années ? Je lis et j'écris désormais en anglais couramment (pour le parler, c'est plus compliqué), mes capacités en dessin ont augmenté, mes capacités en argumentation se sont très fortement blindées, ce qui m'a servi à beaucoup de reprises par la suite. J'ai le sentiment que grâce à mes débats sans fins avec mes américains, je sais mieux ouvrir le débat et donner leur chance à des idées contradictoires, sans préjuger de leur intérêt - et j'ai le sentiment que c'est important. Je pense que ma vision du monde est plus nuancée que si j'avais évolué sans cela. Et puis j'ai gardé de cela une notion assez intuitive de la façon dont peuvent fonctionner les forums et les communautés, qui me sert, en fait, dans ma vie professionnelle. Quand je lis l'Encyclopedia Dramatica, je trouve des tas de forums, d'éléments ou de gens que j'ai pu côtoyer en vrai. Et ça, c'est cool.

  •  - Par Julielm

    1999, j'ai 15 ans, j'obtiens pour la première fois ma connexion Internet et c'est partie pour une grande histoire d'amour.

    Premier centre d'intérêt à explorer : les jeux vidéos. J'explore le web français que je trouve, à l'époque, plutôt limité. Mais je tombe par la suite sur les sites (en anglais) du web Américain et, oh joie, il y a des communautés autour de mes jeux préférés. Je me mets à correspondre avec une Américaine, dont j'ai trouvé les coordonnées sur un site, qui m'introduit sur un forum antique (à l'époque, pas de sujets, toutes les interventions sont postées à la suite). Dans les débuts, c'est plutôt laborieux, mon anglais est limité et je me contente de beaucoup parler de fromage (frenchitude oblige). Mais voilà une motivation énorme pour apprendre l'anglais. Mes notes en la matière, plutôt moyennes depuis le début du collège, commencent à augmenter : j'apprends les listes de verbes irréguliers avec délice.
    Par ailleurs je me rends compte que tous ces gens-là dessinent, et que de bien dessiner est une source de prestige certaine. ça tombe bien, j'aime bien dessiner. Je me mets à produire en masse, m'inspirant au fil des années de mes admirations successives. Je créée mon premier site (sur Publisher, idée idiote).

    Notre forum antique finit par être fermé, et un de mes bons amis (qui, il se trouve, tient un des fansites les plus importants sur le jeu vidéo qui nous intéresse) créée son forum (un BB Board). J'y suis dès le premier jour : ce sera ma base arrière sur Internet pendant plusieurs années.
    Le forum dans lequel je suis fédère sa propre communauté : nous vivons des aventures formidables, créant l'événement autour des bonnes idées des uns et des autres (une bonne idée de ma part : je découvre que de créer des smilies, c'est simple, j'en customize plein puis je me mets en tête d'en créer à l'effigie des avatar de mes amis. Succès fou.)
    En discutant de tout, nous en venons aussi à discuter politique : en 2002, lors de la guerre en Irak, je suis française, je suis contre, évidemment ; je me rends compte que la moitié de mes amis américains sont pour. S'ensuivent de longues argumentations. Au fil de ces discussions, je fait une découverte qui change ma vie : je me rends compte que mes amis américains baignent dans un univers médiatique extrêmement différent du mien, et que, compte tenu des informations qu'ils reçoivent, il est logique qu'ils puissent arriver à des conclusions qui me paraissent inconcevables. Je ne change pas d'avis sur la guerre en Irak - mais je regarde avec plus de méfiance depuis les limites de mon univers médiatique et je m'énerve désormais quand on me tient des discours du type "ils sont fous ces américains".
    Nous nous plumons également sur le conflit Israël-Palestine (nous sommes en plein pendant la seconde intifada) et je me fais notamment traiter de nazie par un ami juif américain parce que le proteste contre le couvre-feu imposé dans les territoires. Plus tard, sur AIM, nous réglerons nos différents et négocierons avec succès la paix au Moyen-Orient (j'arrête le terrorisme, il démantèle les colonies).

    Au fil du temps, notre forum devient un peu un repaire de trolls. A un moment, nous sommes attaqués par un faux culte, les "genos", prônant l'uniformité. En fait, il s'agit de représentants des forums SomethingAwful. On s'énerve un peu avant de remonter la piste.
    Sinon, le forum génère ses propres trolls au fur et à mesure que les habitués vieillissent, alors que les nouveaux sont toujours aussi naïfs. Je ne fais pas dans le troll, ce n'est pas mon style (dans la typologie des flamewarriors, je me positionne plutôt entre le "philosophe" et l'"ent") - mais je m'entend bien avec nos trolls. Déjà, il y en a un certain nombre que je connais depuis leur période non-troll. Ensuite, nos trolls s'attaquent généralement aux forumeurs politiquement conservateurs sans imagination : nous sommes donc alliés objectifs (c'est que je n'ai pas arrêté de discuter politique...).

    Mais mon forum arrive quand même en fin de vie, mon intérêt pour les jeux vidéos s'amenuise, et je migre de plus en plus sur les forums de DeviantArt. Il se trouve que j'ai continué à dessiner, et que j'ai donc écumé toutes les galeries en ligne pour mettre mes dessins en ligne. DeviantArt, c'est un aboutissement : on peut tout faire là dessus, commenter les dessins, avoir des amis, faire des favoris... Toutes les attentes auxquelles ne répondaient que partiellement les galeries que j'ai pu fréquenter avant. Je fréquente activement le forum cinéma, le forum livre, et le forum politique. Là aussi, je discute politique avec mes interlocuteurs internationaux. J'arrive à trouver des terrains d'entente avec les néocons américains, mais je finis par laisser choir la discussion avec le nazi belge.
    En 2006, c'est la guerre entre le Liban et Israël. Il se trouve que je suis amie DeviantArt avec deux libanais, qui racontent les bombardements de Beyrouth dans leur journal. Je créée un sujet sur le forum politique pour inviter les DeviantArtists libanais et israéliens à raconter leur version de l'histoire, en me disant que la confrontation peut être intéressante. Une demi-douzaine d'israéliens viennent donner leur version, mais pas de libanais. Plus tard, je lirais un article qui indique que pendant cette guerre, les israéliens ont en masse consulté les blogs des libanais, afin de mieux connaître le situation derrière les lignes. J'ai le sentiment de faire partie de l'Histoire.

    Je dessine de moins en moins, ma vie réelle tend à s'animer (ce qui me laisse moins disponible pour ma vie en ligne) et mes centres d'intérêt changent. Je déserte quelque peu les forums DeviantArt pour aller sur le forums d'IMDb où je peux discuter de façon plus précise mes adorations cinématographiques. Je suranalyse, entre autres, la Ligne Rouge et les Infiltrés. Je découvre aussi le forum Citizen Kane, qui a un fonctionnement très amusant : comme Citizen Kane est cité comme le meilleur film américain par la liste proposée par l'American Film Institute, son forum accueille quotidiennement des messages de grands esprits qui clament haut et fort qu'il l'on vu, et qu'il est surévalué. Du coup, la communauté des habitués s'est adaptée : leur quotidien est de faire des rebuffades inventives puis de court-circuiter le discussion pour discuter des derniers films qu'ils ont vu. Je me mêle à eux et je prends plein de références. Plus tard, nous nous ferons recruter sur un forum de "réfugiés" du forum musique d'IMDb dont le modérateur invite en VIP les gens dont il apprécie les contributions. L'ambiance y est très bonne et très internationale : il y a des américains, des anglais, des néérlandais, des australiens, des israéliens, etc. Je lis ce que racontent mes amies américaines qui se demandent (pour les plus jeunes) si cela vaut vraiment le coup de s'endetter à vie pour faire des études supérieures ou (pour les plus âgées) comment faire pour continuer des études avec la somme de dettes qu'elles ont accumulées et je me dis que le système des études supérieures américain marche sur la tête.

    Depuis, ma vie réelle a décidément pris plus d'ampleur. Je lis toujours des sites américains, mais je vais beaucoup moins sur les forums.

    Bilan de ces années ? Je lis et j'écris désormais en anglais couramment (pour le parler, c'est plus compliqué), mes capacités en dessin ont augmenté, mes capacités en argumentation se sont très fortement blindées, ce qui m'a servi à beaucoup de reprises par la suite. J'ai le sentiment que grâce à mes débats sans fins avec mes américains, je sais mieux ouvrir le débat et donner leur chance à des idées contradictoires, sans préjuger de leur intérêt - et j'ai le sentiment que c'est important. Je pense que ma vision du monde est plus nuancée que si j'avais évolué sans cela. Et puis j'ai gardé de cela une notion assez intuitive de la façon dont peuvent fonctionner les forums et les communautés, qui me sert, en fait, dans ma vie professionnelle. Quand je lis l'Encyclopedia Dramatica, je trouve des tas de forums, d'éléments ou de gens que j'ai pu côtoyer en vrai. Et ça, c'est cool.

  •  - Par Julielm

    1999, j'ai 15 ans, j'obtiens pour la première fois ma connexion Internet et c'est partie pour une grande histoire d'amour.

    Premier centre d'intérêt à explorer : les jeux vidéos. J'explore le web français que je trouve, à l'époque, plutôt limité. Mais je tombe par la suite sur les sites (en anglais) du web Américain et, oh joie, il y a des communautés autour de mes jeux préférés. Je me mets à correspondre avec une Américaine, dont j'ai trouvé les coordonnées sur un site, qui m'introduit sur un forum antique (à l'époque, pas de sujets, toutes les interventions sont postées à la suite). Dans les débuts, c'est plutôt laborieux, mon anglais est limité et je me contente de beaucoup parler de fromage (frenchitude oblige). Mais voilà une motivation énorme pour apprendre l'anglais. Mes notes en la matière, plutôt moyennes depuis le début du collège, commencent à augmenter : j'apprends les listes de verbes irréguliers avec délice.
    Par ailleurs je me rends compte que tous ces gens-là dessinent, et que de bien dessiner est une source de prestige certaine. ça tombe bien, j'aime bien dessiner. Je me mets à produire en masse, m'inspirant au fil des années de mes admirations successives. Je créée mon premier site (sur Publisher, idée idiote).

    Notre forum antique finit par être fermé, et un de mes bons amis (qui, il se trouve, tient un des fansites les plus importants sur le jeu vidéo qui nous intéresse) créée son forum (un BB Board). J'y suis dès le premier jour : ce sera ma base arrière sur Internet pendant plusieurs années.
    Le forum dans lequel je suis fédère sa propre communauté : nous vivons des aventures formidables, créant l'événement autour des bonnes idées des uns et des autres (une bonne idée de ma part : je découvre que de créer des smilies, c'est simple, j'en customize plein puis je me mets en tête d'en créer à l'effigie des avatar de mes amis. Succès fou.)
    En discutant de tout, nous en venons aussi à discuter politique : en 2002, lors de la guerre en Irak, je suis française, je suis contre, évidemment ; je me rends compte que la moitié de mes amis américains sont pour. S'ensuivent de longues argumentations. Au fil de ces discussions, je fait une découverte qui change ma vie : je me rends compte que mes amis américains baignent dans un univers médiatique extrêmement différent du mien, et que, compte tenu des informations qu'ils reçoivent, il est logique qu'ils puissent arriver à des conclusions qui me paraissent inconcevables. Je ne change pas d'avis sur la guerre en Irak - mais je regarde avec plus de méfiance depuis les limites de mon univers médiatique et je m'énerve désormais quand on me tient des discours du type "ils sont fous ces américains".
    Nous nous plumons également sur le conflit Israël-Palestine (nous sommes en plein pendant la seconde intifada) et je me fais notamment traiter de nazie par un ami juif américain parce que le proteste contre le couvre-feu imposé dans les territoires. Plus tard, sur AIM, nous réglerons nos différents et négocierons avec succès la paix au Moyen-Orient (j'arrête le terrorisme, il démantèle les colonies).

    Au fil du temps, notre forum devient un peu un repaire de trolls. A un moment, nous sommes attaqués par un faux culte, les "genos", prônant l'uniformité. En fait, il s'agit de représentants des forums SomethingAwful. On s'énerve un peu avant de remonter la piste.
    Sinon, le forum génère ses propres trolls au fur et à mesure que les habitués vieillissent, alors que les nouveaux sont toujours aussi naïfs. Je ne fais pas dans le troll, ce n'est pas mon style (dans la typologie des flamewarriors, je me positionne plutôt entre le "philosophe" et l'"ent") - mais je m'entend bien avec nos trolls. Déjà, il y en a un certain nombre que je connais depuis leur période non-troll. Ensuite, nos trolls s'attaquent généralement aux forumeurs politiquement conservateurs sans imagination : nous sommes donc alliés objectifs (c'est que je n'ai pas arrêté de discuter politique...).

    Mais mon forum arrive quand même en fin de vie, mon intérêt pour les jeux vidéos s'amenuise, et je migre de plus en plus sur les forums de DeviantArt. Il se trouve que j'ai continué à dessiner, et que j'ai donc écumé toutes les galeries en ligne pour mettre mes dessins en ligne. DeviantArt, c'est un aboutissement : on peut tout faire là dessus, commenter les dessins, avoir des amis, faire des favoris... Toutes les attentes auxquelles ne répondaient que partiellement les galeries que j'ai pu fréquenter avant. Je fréquente activement le forum cinéma, le forum livre, et le forum politique. Là aussi, je discute politique avec mes interlocuteurs internationaux. J'arrive à trouver des terrains d'entente avec les néocons américains, mais je finis par laisser choir la discussion avec le nazi belge.
    En 2006, c'est la guerre entre le Liban et Israël. Il se trouve que je suis amie DeviantArt avec deux libanais, qui racontent les bombardements de Beyrouth dans leur journal. Je créée un sujet sur le forum politique pour inviter les DeviantArtists libanais et israéliens à raconter leur version de l'histoire, en me disant que la confrontation peut être intéressante. Une demi-douzaine d'israéliens viennent donner leur version, mais pas de libanais. Plus tard, je lirais un article qui indique que pendant cette guerre, les israéliens ont en masse consulté les blogs des libanais, afin de mieux connaître le situation derrière les lignes. J'ai le sentiment de faire partie de l'Histoire.

    Je dessine de moins en moins, ma vie réelle tend à s'animer (ce qui me laisse moins disponible pour ma vie en ligne) et mes centres d'intérêt changent. Je déserte quelque peu les forums DeviantArt pour aller sur le forums d'IMDb où je peux discuter de façon plus précise mes adorations cinématographiques. Je suranalyse, entre autres, la Ligne Rouge et les Infiltrés. Je découvre aussi le forum Citizen Kane, qui a un fonctionnement très amusant : comme Citizen Kane est cité comme le meilleur film américain par la liste proposée par l'American Film Institute, son forum accueille quotidiennement des messages de grands esprits qui clament haut et fort qu'il l'on vu, et qu'il est surévalué. Du coup, la communauté des habitués s'est adaptée : leur quotidien est de faire des rebuffades inventives puis de court-circuiter le discussion pour discuter des derniers films qu'ils ont vu. Je me mêle à eux et je prends plein de références. Plus tard, nous nous ferons recruter sur un forum de "réfugiés" du forum musique d'IMDb dont le modérateur invite en VIP les gens dont il apprécie les contributions. L'ambiance y est très bonne et très internationale : il y a des américains, des anglais, des néérlandais, des australiens, des israéliens, etc. Je lis ce que racontent mes amies américaines qui se demandent (pour les plus jeunes) si cela vaut vraiment le coup de s'endetter à vie pour faire des études supérieures ou (pour les plus âgées) comment faire pour continuer des études avec la somme de dettes qu'elles ont accumulées et je me dis que le système des études supérieures américain marche sur la tête.

    Depuis, ma vie réelle a décidément pris plus d'ampleur. Je lis toujours des sites américains, mais je vais beaucoup moins sur les forums.

    Bilan de ces années ? Je lis et j'écris désormais en anglais couramment (pour le parler, c'est plus compliqué), mes capacités en dessin ont augmenté, mes capacités en argumentation se sont très fortement blindées, ce qui m'a servi à beaucoup de reprises par la suite. J'ai le sentiment que grâce à mes débats sans fins avec mes américains, je sais mieux ouvrir le débat et donner leur chance à des idées contradictoires, sans préjuger de leur intérêt - et j'ai le sentiment que c'est important. Je pense que ma vision du monde est plus nuancée que si j'avais évolué sans cela. Et puis j'ai gardé de cela une notion assez intuitive de la façon dont peuvent fonctionner les forums et les communautés, qui me sert, en fait, dans ma vie professionnelle. Quand je lis l'Encyclopedia Dramatica, je trouve des tas de forums, d'éléments ou de gens que j'ai pu côtoyer en vrai. Et ça, c'est cool.

  •  - Par Julielm

    1999, j'ai 15 ans, j'obtiens pour la première fois ma connexion Internet et c'est partie pour une grande histoire d'amour.

    Premier centre d'intérêt à explorer : les jeux vidéos. J'explore le web français que je trouve, à l'époque, plutôt limité. Mais je tombe par la suite sur les sites (en anglais) du web Américain et, oh joie, il y a des communautés autour de mes jeux préférés. Je me mets à correspondre avec une Américaine, dont j'ai trouvé les coordonnées sur un site, qui m'introduit sur un forum antique (à l'époque, pas de sujets, toutes les interventions sont postées à la suite). Dans les débuts, c'est plutôt laborieux, mon anglais est limité et je me contente de beaucoup parler de fromage (frenchitude oblige). Mais voilà une motivation énorme pour apprendre l'anglais. Mes notes en la matière, plutôt moyennes depuis le début du collège, commencent à augmenter : j'apprends les listes de verbes irréguliers avec délice.
    Par ailleurs je me rends compte que tous ces gens-là dessinent, et que de bien dessiner est une source de prestige certaine. ça tombe bien, j'aime bien dessiner. Je me mets à produire en masse, m'inspirant au fil des années de mes admirations successives. Je créée mon premier site (sur Publisher, idée idiote).

    Notre forum antique finit par être fermé, et un de mes bons amis (qui, il se trouve, tient un des fansites les plus importants sur le jeu vidéo qui nous intéresse) créée son forum (un BB Board). J'y suis dès le premier jour : ce sera ma base arrière sur Internet pendant plusieurs années.
    Le forum dans lequel je suis fédère sa propre communauté : nous vivons des aventures formidables, créant l'événement autour des bonnes idées des uns et des autres (une bonne idée de ma part : je découvre que de créer des smilies, c'est simple, j'en customize plein puis je me mets en tête d'en créer à l'effigie des avatar de mes amis. Succès fou.)
    En discutant de tout, nous en venons aussi à discuter politique : en 2002, lors de la guerre en Irak, je suis française, je suis contre, évidemment ; je me rends compte que la moitié de mes amis américains sont pour. S'ensuivent de longues argumentations. Au fil de ces discussions, je fait une découverte qui change ma vie : je me rends compte que mes amis américains baignent dans un univers médiatique extrêmement différent du mien, et que, compte tenu des informations qu'ils reçoivent, il est logique qu'ils puissent arriver à des conclusions qui me paraissent inconcevables. Je ne change pas d'avis sur la guerre en Irak - mais je regarde avec plus de méfiance depuis les limites de mon univers médiatique et je m'énerve désormais quand on me tient des discours du type "ils sont fous ces américains".
    Nous nous plumons également sur le conflit Israël-Palestine (nous sommes en plein pendant la seconde intifada) et je me fais notamment traiter de nazie par un ami juif américain parce que le proteste contre le couvre-feu imposé dans les territoires. Plus tard, sur AIM, nous réglerons nos différents et négocierons avec succès la paix au Moyen-Orient (j'arrête le terrorisme, il démantèle les colonies).

    Au fil du temps, notre forum devient un peu un repaire de trolls. A un moment, nous sommes attaqués par un faux culte, les "genos", prônant l'uniformité. En fait, il s'agit de représentants des forums SomethingAwful. On s'énerve un peu avant de remonter la piste.
    Sinon, le forum génère ses propres trolls au fur et à mesure que les habitués vieillissent, alors que les nouveaux sont toujours aussi naïfs. Je ne fais pas dans le troll, ce n'est pas mon style (dans la typologie des flamewarriors, je me positionne plutôt entre le "philosophe" et l'"ent") - mais je m'entend bien avec nos trolls. Déjà, il y en a un certain nombre que je connais depuis leur période non-troll. Ensuite, nos trolls s'attaquent généralement aux forumeurs politiquement conservateurs sans imagination : nous sommes donc alliés objectifs (c'est que je n'ai pas arrêté de discuter politique...).

    Mais mon forum arrive quand même en fin de vie, mon intérêt pour les jeux vidéos s'amenuise, et je migre de plus en plus sur les forums de DeviantArt. Il se trouve que j'ai continué à dessiner, et que j'ai donc écumé toutes les galeries en ligne pour mettre mes dessins en ligne. DeviantArt, c'est un aboutissement : on peut tout faire là dessus, commenter les dessins, avoir des amis, faire des favoris... Toutes les attentes auxquelles ne répondaient que partiellement les galeries que j'ai pu fréquenter avant. Je fréquente activement le forum cinéma, le forum livre, et le forum politique. Là aussi, je discute politique avec mes interlocuteurs internationaux. J'arrive à trouver des terrains d'entente avec les néocons américains, mais je finis par laisser choir la discussion avec le nazi belge.
    En 2006, c'est la guerre entre le Liban et Israël. Il se trouve que je suis amie DeviantArt avec deux libanais, qui racontent les bombardements de Beyrouth dans leur journal. Je créée un sujet sur le forum politique pour inviter les DeviantArtists libanais et israéliens à raconter leur version de l'histoire, en me disant que la confrontation peut être intéressante. Une demi-douzaine d'israéliens viennent donner leur version, mais pas de libanais. Plus tard, je lirais un article qui indique que pendant cette guerre, les israéliens ont en masse consulté les blogs des libanais, afin de mieux connaître le situation derrière les lignes. J'ai le sentiment de faire partie de l'Histoire.

    Je dessine de moins en moins, ma vie réelle tend à s'animer (ce qui me laisse moins disponible pour ma vie en ligne) et mes centres d'intérêt changent. Je déserte quelque peu les forums DeviantArt pour aller sur le forums d'IMDb où je peux discuter de façon plus précise mes adorations cinématographiques. Je suranalyse, entre autres, la Ligne Rouge et les Infiltrés. Je découvre aussi le forum Citizen Kane, qui a un fonctionnement très amusant : comme Citizen Kane est cité comme le meilleur film américain par la liste proposée par l'American Film Institute, son forum accueille quotidiennement des messages de grands esprits qui clament haut et fort qu'il l'on vu, et qu'il est surévalué. Du coup, la communauté des habitués s'est adaptée : leur quotidien est de faire des rebuffades inventives puis de court-circuiter le discussion pour discuter des derniers films qu'ils ont vu. Je me mêle à eux et je prends plein de références. Plus tard, nous nous ferons recruter sur un forum de "réfugiés" du forum musique d'IMDb dont le modérateur invite en VIP les gens dont il apprécie les contributions. L'ambiance y est très bonne et très internationale : il y a des américains, des anglais, des néérlandais, des australiens, des israéliens, etc. Je lis ce que racontent mes amies américaines qui se demandent (pour les plus jeunes) si cela vaut vraiment le coup de s'endetter à vie pour faire des études supérieures ou (pour les plus âgées) comment faire pour continuer des études avec la somme de dettes qu'elles ont accumulées et je me dis que le système des études supérieures américain marche sur la tête.

    Depuis, ma vie réelle a décidément pris plus d'ampleur. Je lis toujours des sites américains, mais je vais beaucoup moins sur les forums.

    Bilan de ces années ? Je lis et j'écris désormais en anglais couramment (pour le parler, c'est plus compliqué), mes capacités en dessin ont augmenté, mes capacités en argumentation se sont très fortement blindées, ce qui m'a servi à beaucoup de reprises par la suite. J'ai le sentiment que grâce à mes débats sans fins avec mes américains, je sais mieux ouvrir le débat et donner leur chance à des idées contradictoires, sans préjuger de leur intérêt - et j'ai le sentiment que c'est important. Je pense que ma vision du monde est plus nuancée que si j'avais évolué sans cela. Et puis j'ai gardé de cela une notion assez intuitive de la façon dont peuvent fonctionner les forums et les communautés, qui me sert, en fait, dans ma vie professionnelle. Quand je lis l'Encyclopedia Dramatica, je trouve des tas de forums, d'éléments ou de gens que j'ai pu côtoyer en vrai. Et ça, c'est cool.

  •  - Par Julielm

    1999, j'ai 15 ans, j'obtiens pour la première fois ma connexion Internet et c'est partie pour une grande histoire d'amour.

    Premier centre d'intérêt à explorer : les jeux vidéos. J'explore le web français que je trouve, à l'époque, plutôt limité. Mais je tombe par la suite sur les sites (en anglais) du web Américain et, oh joie, il y a des communautés autour de mes jeux préférés. Je me mets à correspondre avec une Américaine, dont j'ai trouvé les coordonnées sur un site, qui m'introduit sur un forum antique (à l'époque, pas de sujets, toutes les interventions sont postées à la suite). Dans les débuts, c'est plutôt laborieux, mon anglais est limité et je me contente de beaucoup parler de fromage (frenchitude oblige). Mais voilà une motivation énorme pour apprendre l'anglais. Mes notes en la matière, plutôt moyennes depuis le début du collège, commencent à augmenter : j'apprends les listes de verbes irréguliers avec délice.
    Par ailleurs je me rends compte que tous ces gens-là dessinent, et que de bien dessiner est une source de prestige certaine. ça tombe bien, j'aime bien dessiner. Je me mets à produire en masse, m'inspirant au fil des années de mes admirations successives. Je créée mon premier site (sur Publisher, idée idiote).

    Notre forum antique finit par être fermé, et un de mes bons amis (qui, il se trouve, tient un des fansites les plus importants sur le jeu vidéo qui nous intéresse) créée son forum (un BB Board). J'y suis dès le premier jour : ce sera ma base arrière sur Internet pendant plusieurs années.
    Le forum dans lequel je suis fédère sa propre communauté : nous vivons des aventures formidables, créant l'événement autour des bonnes idées des uns et des autres (une bonne idée de ma part : je découvre que de créer des smilies, c'est simple, j'en customize plein puis je me mets en tête d'en créer à l'effigie des avatar de mes amis. Succès fou.)
    En discutant de tout, nous en venons aussi à discuter politique : en 2002, lors de la guerre en Irak, je suis française, je suis contre, évidemment ; je me rends compte que la moitié de mes amis américains sont pour. S'ensuivent de longues argumentations. Au fil de ces discussions, je fait une découverte qui change ma vie : je me rends compte que mes amis américains baignent dans un univers médiatique extrêmement différent du mien, et que, compte tenu des informations qu'ils reçoivent, il est logique qu'ils puissent arriver à des conclusions qui me paraissent inconcevables. Je ne change pas d'avis sur la guerre en Irak - mais je regarde avec plus de méfiance depuis les limites de mon univers médiatique et je m'énerve désormais quand on me tient des discours du type "ils sont fous ces américains".
    Nous nous plumons également sur le conflit Israël-Palestine (nous sommes en plein pendant la seconde intifada) et je me fais notamment traiter de nazie par un ami juif américain parce que le proteste contre le couvre-feu imposé dans les territoires. Plus tard, sur AIM, nous réglerons nos différents et négocierons avec succès la paix au Moyen-Orient (j'arrête le terrorisme, il démantèle les colonies).

    Au fil du temps, notre forum devient un peu un repaire de trolls. A un moment, nous sommes attaqués par un faux culte, les "genos", prônant l'uniformité. En fait, il s'agit de représentants des forums SomethingAwful. On s'énerve un peu avant de remonter la piste.
    Sinon, le forum génère ses propres trolls au fur et à mesure que les habitués vieillissent, alors que les nouveaux sont toujours aussi naïfs. Je ne fais pas dans le troll, ce n'est pas mon style (dans la typologie des flamewarriors, je me positionne plutôt entre le "philosophe" et l'"ent") - mais je m'entend bien avec nos trolls. Déjà, il y en a un certain nombre que je connais depuis leur période non-troll. Ensuite, nos trolls s'attaquent généralement aux forumeurs politiquement conservateurs sans imagination : nous sommes donc alliés objectifs (c'est que je n'ai pas arrêté de discuter politique...).

    Mais mon forum arrive quand même en fin de vie, mon intérêt pour les jeux vidéos s'amenuise, et je migre de plus en plus sur les forums de DeviantArt. Il se trouve que j'ai continué à dessiner, et que j'ai donc écumé toutes les galeries en ligne pour mettre mes dessins en ligne. DeviantArt, c'est un aboutissement : on peut tout faire là dessus, commenter les dessins, avoir des amis, faire des favoris... Toutes les attentes auxquelles ne répondaient que partiellement les galeries que j'ai pu fréquenter avant. Je fréquente activement le forum cinéma, le forum livre, et le forum politique. Là aussi, je discute politique avec mes interlocuteurs internationaux. J'arrive à trouver des terrains d'entente avec les néocons américains, mais je finis par laisser choir la discussion avec le nazi belge.
    En 2006, c'est la guerre entre le Liban et Israël. Il se trouve que je suis amie DeviantArt avec deux libanais, qui racontent les bombardements de Beyrouth dans leur journal. Je créée un sujet sur le forum politique pour inviter les DeviantArtists libanais et israéliens à raconter leur version de l'histoire, en me disant que la confrontation peut être intéressante. Une demi-douzaine d'israéliens viennent donner leur version, mais pas de libanais. Plus tard, je lirais un article qui indique que pendant cette guerre, les israéliens ont en masse consulté les blogs des libanais, afin de mieux connaître le situation derrière les lignes. J'ai le sentiment de faire partie de l'Histoire.

    Je dessine de moins en moins, ma vie réelle tend à s'animer (ce qui me laisse moins disponible pour ma vie en ligne) et mes centres d'intérêt changent. Je déserte quelque peu les forums DeviantArt pour aller sur le forums d'IMDb où je peux discuter de façon plus précise mes adorations cinématographiques. Je suranalyse, entre autres, la Ligne Rouge et les Infiltrés. Je découvre aussi le forum Citizen Kane, qui a un fonctionnement très amusant : comme Citizen Kane est cité comme le meilleur film américain par la liste proposée par l'American Film Institute, son forum accueille quotidiennement des messages de grands esprits qui clament haut et fort qu'il l'on vu, et qu'il est surévalué. Du coup, la communauté des habitués s'est adaptée : leur quotidien est de faire des rebuffades inventives puis de court-circuiter le discussion pour discuter des derniers films qu'ils ont vu. Je me mêle à eux et je prends plein de références. Plus tard, nous nous ferons recruter sur un forum de "réfugiés" du forum musique d'IMDb dont le modérateur invite en VIP les gens dont il apprécie les contributions. L'ambiance y est très bonne et très internationale : il y a des américains, des anglais, des néérlandais, des australiens, des israéliens, etc. Je lis ce que racontent mes amies américaines qui se demandent (pour les plus jeunes) si cela vaut vraiment le coup de s'endetter à vie pour faire des études supérieures ou (pour les plus âgées) comment faire pour continuer des études avec la somme de dettes qu'elles ont accumulées et je me dis que le système des études supérieures américain marche sur la tête.

    Depuis, ma vie réelle a décidément pris plus d'ampleur. Je lis toujours des sites américains, mais je vais beaucoup moins sur les forums.

    Bilan de ces années ? Je lis et j'écris désormais en anglais couramment (pour le parler, c'est plus compliqué), mes capacités en dessin ont augmenté, mes capacités en argumentation se sont très fortement blindées, ce qui m'a servi à beaucoup de reprises par la suite. J'ai le sentiment que grâce à mes débats sans fins avec mes américains, je sais mieux ouvrir le débat et donner leur chance à des idées contradictoires, sans préjuger de leur intérêt - et j'ai le sentiment que c'est important. Je pense que ma vision du monde est plus nuancée que si j'avais évolué sans cela. Et puis j'ai gardé de cela une notion assez intuitive de la façon dont peuvent fonctionner les forums et les communautés, qui me sert, en fait, dans ma vie professionnelle. Quand je lis l'Encyclopedia Dramatica, je trouve des tas de forums, d'éléments ou de gens que j'ai pu côtoyer en vrai. Et ça, c'est cool.

  •  - Par Julielm

    1999, j'ai 15 ans, j'obtiens pour la première fois ma connexion Internet et c'est partie pour une grande histoire d'amour.

    Premier centre d'intérêt à explorer : les jeux vidéos. J'explore le web français que je trouve, à l'époque, plutôt limité. Mais je tombe par la suite sur les sites (en anglais) du web Américain et, oh joie, il y a des communautés autour de mes jeux préférés. Je me mets à correspondre avec une Américaine, dont j'ai trouvé les coordonnées sur un site, qui m'introduit sur un forum antique (à l'époque, pas de sujets, toutes les interventions sont postées à la suite). Dans les débuts, c'est plutôt laborieux, mon anglais est limité et je me contente de beaucoup parler de fromage (frenchitude oblige). Mais voilà une motivation énorme pour apprendre l'anglais. Mes notes en la matière, plutôt moyennes depuis le début du collège, commencent à augmenter : j'apprends les listes de verbes irréguliers avec délice.
    Par ailleurs je me rends compte que tous ces gens-là dessinent, et que de bien dessiner est une source de prestige certaine. ça tombe bien, j'aime bien dessiner. Je me mets à produire en masse, m'inspirant au fil des années de mes admirations successives. Je créée mon premier site (sur Publisher, idée idiote).

    Notre forum antique finit par être fermé, et un de mes bons amis (qui, il se trouve, tient un des fansites les plus importants sur le jeu vidéo qui nous intéresse) créée son forum (un BB Board). J'y suis dès le premier jour : ce sera ma base arrière sur Internet pendant plusieurs années.
    Le forum dans lequel je suis fédère sa propre communauté : nous vivons des aventures formidables, créant l'événement autour des bonnes idées des uns et des autres (une bonne idée de ma part : je découvre que de créer des smilies, c'est simple, j'en customize plein puis je me mets en tête d'en créer à l'effigie des avatar de mes amis. Succès fou.)
    En discutant de tout, nous en venons aussi à discuter politique : en 2002, lors de la guerre en Irak, je suis française, je suis contre, évidemment ; je me rends compte que la moitié de mes amis américains sont pour. S'ensuivent de longues argumentations. Au fil de ces discussions, je fait une découverte qui change ma vie : je me rends compte que mes amis américains baignent dans un univers médiatique extrêmement différent du mien, et que, compte tenu des informations qu'ils reçoivent, il est logique qu'ils puissent arriver à des conclusions qui me paraissent inconcevables. Je ne change pas d'avis sur la guerre en Irak - mais je regarde avec plus de méfiance depuis les limites de mon univers médiatique et je m'énerve désormais quand on me tient des discours du type "ils sont fous ces américains".
    Nous nous plumons également sur le conflit Israël-Palestine (nous sommes en plein pendant la seconde intifada) et je me fais notamment traiter de nazie par un ami juif américain parce que le proteste contre le couvre-feu imposé dans les territoires. Plus tard, sur AIM, nous réglerons nos différents et négocierons avec succès la paix au Moyen-Orient (j'arrête le terrorisme, il démantèle les colonies).

    Au fil du temps, notre forum devient un peu un repaire de trolls. A un moment, nous sommes attaqués par un faux culte, les "genos", prônant l'uniformité. En fait, il s'agit de représentants des forums SomethingAwful. On s'énerve un peu avant de remonter la piste.
    Sinon, le forum génère ses propres trolls au fur et à mesure que les habitués vieillissent, alors que les nouveaux sont toujours aussi naïfs. Je ne fais pas dans le troll, ce n'est pas mon style (dans la typologie des flamewarriors, je me positionne plutôt entre le "philosophe" et l'"ent") - mais je m'entend bien avec nos trolls. Déjà, il y en a un certain nombre que je connais depuis leur période non-troll. Ensuite, nos trolls s'attaquent généralement aux forumeurs politiquement conservateurs sans imagination : nous sommes donc alliés objectifs (c'est que je n'ai pas arrêté de discuter politique...).

    Mais mon forum arrive quand même en fin de vie, mon intérêt pour les jeux vidéos s'amenuise, et je migre de plus en plus sur les forums de DeviantArt. Il se trouve que j'ai continué à dessiner, et que j'ai donc écumé toutes les galeries en ligne pour mettre mes dessins en ligne. DeviantArt, c'est un aboutissement : on peut tout faire là dessus, commenter les dessins, avoir des amis, faire des favoris... Toutes les attentes auxquelles ne répondaient que partiellement les galeries que j'ai pu fréquenter avant. Je fréquente activement le forum cinéma, le forum livre, et le forum politique. Là aussi, je discute politique avec mes interlocuteurs internationaux. J'arrive à trouver des terrains d'entente avec les néocons américains, mais je finis par laisser choir la discussion avec le nazi belge.
    En 2006, c'est la guerre entre le Liban et Israël. Il se trouve que je suis amie DeviantArt avec deux libanais, qui racontent les bombardements de Beyrouth dans leur journal. Je créée un sujet sur le forum politique pour inviter les DeviantArtists libanais et israéliens à raconter leur version de l'histoire, en me disant que la confrontation peut être intéressante. Une demi-douzaine d'israéliens viennent donner leur version, mais pas de libanais. Plus tard, je lirais un article qui indique que pendant cette guerre, les israéliens ont en masse consulté les blogs des libanais, afin de mieux connaître le situation derrière les lignes. J'ai le sentiment de faire partie de l'Histoire.

    Je dessine de moins en moins, ma vie réelle tend à s'animer (ce qui me laisse moins disponible pour ma vie en ligne) et mes centres d'intérêt changent. Je déserte quelque peu les forums DeviantArt pour aller sur le forums d'IMDb où je peux discuter de façon plus précise mes adorations cinématographiques. Je suranalyse, entre autres, la Ligne Rouge et les Infiltrés. Je découvre aussi le forum Citizen Kane, qui a un fonctionnement très amusant : comme Citizen Kane est cité comme le meilleur film américain par la liste proposée par l'American Film Institute, son forum accueille quotidiennement des messages de grands esprits qui clament haut et fort qu'il l'on vu, et qu'il est surévalué. Du coup, la communauté des habitués s'est adaptée : leur quotidien est de faire des rebuffades inventives puis de court-circuiter le discussion pour discuter des derniers films qu'ils ont vu. Je me mêle à eux et je prends plein de références. Plus tard, nous nous ferons recruter sur un forum de "réfugiés" du forum musique d'IMDb dont le modérateur invite en VIP les gens dont il apprécie les contributions. L'ambiance y est très bonne et très internationale : il y a des américains, des anglais, des néérlandais, des australiens, des israéliens, etc. Je lis ce que racontent mes amies américaines qui se demandent (pour les plus jeunes) si cela vaut vraiment le coup de s'endetter à vie pour faire des études supérieures ou (pour les plus âgées) comment faire pour continuer des études avec la somme de dettes qu'elles ont accumulées et je me dis que le système des études supérieures américain marche sur la tête.

    Depuis, ma vie réelle a décidément pris plus d'ampleur. Je lis toujours des sites américains, mais je vais beaucoup moins sur les forums.

    Bilan de ces années ? Je lis et j'écris désormais en anglais couramment (pour le parler, c'est plus compliqué), mes capacités en dessin ont augmenté, mes capacités en argumentation se sont très fortement blindées, ce qui m'a servi à beaucoup de reprises par la suite. J'ai le sentiment que grâce à mes débats sans fins avec mes américains, je sais mieux ouvrir le débat et donner leur chance à des idées contradictoires, sans préjuger de leur intérêt - et j'ai le sentiment que c'est important. Je pense que ma vision du monde est plus nuancée que si j'avais évolué sans cela. Et puis j'ai gardé de cela une notion assez intuitive de la façon dont peuvent fonctionner les forums et les communautés, qui me sert, en fait, dans ma vie professionnelle. Quand je lis l'Encyclopedia Dramatica, je trouve des tas de forums, d'éléments ou de gens que j'ai pu côtoyer en vrai. Et ça, c'est cool.

  •  - Par Julielm

    1999, j'ai 15 ans, j'obtiens pour la première fois ma connexion Internet et c'est partie pour une grande histoire d'amour.

    Premier centre d'intérêt à explorer : les jeux vidéos. J'explore le web français que je trouve, à l'époque, plutôt limité. Mais je tombe par la suite sur les sites (en anglais) du web Américain et, oh joie, il y a des communautés autour de mes jeux préférés. Je me mets à correspondre avec une Américaine, dont j'ai trouvé les coordonnées sur un site, qui m'introduit sur un forum antique (à l'époque, pas de sujets, toutes les interventions sont postées à la suite). Dans les débuts, c'est plutôt laborieux, mon anglais est limité et je me contente de beaucoup parler de fromage (frenchitude oblige). Mais voilà une motivation énorme pour apprendre l'anglais. Mes notes en la matière, plutôt moyennes depuis le début du collège, commencent à augmenter : j'apprends les listes de verbes irréguliers avec délice.
    Par ailleurs je me rends compte que tous ces gens-là dessinent, et que de bien dessiner est une source de prestige certaine. ça tombe bien, j'aime bien dessiner. Je me mets à produire en masse, m'inspirant au fil des années de mes admirations successives. Je créée mon premier site (sur Publisher, idée idiote).

    Notre forum antique finit par être fermé, et un de mes bons amis (qui, il se trouve, tient un des fansites les plus importants sur le jeu vidéo qui nous intéresse) créée son forum (un BB Board). J'y suis dès le premier jour : ce sera ma base arrière sur Internet pendant plusieurs années.
    Le forum dans lequel je suis fédère sa propre communauté : nous vivons des aventures formidables, créant l'événement autour des bonnes idées des uns et des autres (une bonne idée de ma part : je découvre que de créer des smilies, c'est simple, j'en customize plein puis je me mets en tête d'en créer à l'effigie des avatar de mes amis. Succès fou.)
    En discutant de tout, nous en venons aussi à discuter politique : en 2002, lors de la guerre en Irak, je suis française, je suis contre, évidemment ; je me rends compte que la moitié de mes amis américains sont pour. S'ensuivent de longues argumentations. Au fil de ces discussions, je fait une découverte qui change ma vie : je me rends compte que mes amis américains baignent dans un univers médiatique extrêmement différent du mien, et que, compte tenu des informations qu'ils reçoivent, il est logique qu'ils puissent arriver à des conclusions qui me paraissent inconcevables. Je ne change pas d'avis sur la guerre en Irak - mais je regarde avec plus de méfiance depuis les limites de mon univers médiatique et je m'énerve désormais quand on me tient des discours du type "ils sont fous ces américains".
    Nous nous plumons également sur le conflit Israël-Palestine (nous sommes en plein pendant la seconde intifada) et je me fais notamment traiter de nazie par un ami juif américain parce que le proteste contre le couvre-feu imposé dans les territoires. Plus tard, sur AIM, nous réglerons nos différents et négocierons avec succès la paix au Moyen-Orient (j'arrête le terrorisme, il démantèle les colonies).

    Au fil du temps, notre forum devient un peu un repaire de trolls. A un moment, nous sommes attaqués par un faux culte, les "genos", prônant l'uniformité. En fait, il s'agit de représentants des forums SomethingAwful. On s'énerve un peu avant de remonter la piste.
    Sinon, le forum génère ses propres trolls au fur et à mesure que les habitués vieillissent, alors que les nouveaux sont toujours aussi naïfs. Je ne fais pas dans le troll, ce n'est pas mon style (dans la typologie des flamewarriors, je me positionne plutôt entre le "philosophe" et l'"ent") - mais je m'entend bien avec nos trolls. Déjà, il y en a un certain nombre que je connais depuis leur période non-troll. Ensuite, nos trolls s'attaquent généralement aux forumeurs politiquement conservateurs sans imagination : nous sommes donc alliés objectifs (c'est que je n'ai pas arrêté de discuter politique...).

    Mais mon forum arrive quand même en fin de vie, mon intérêt pour les jeux vidéos s'amenuise, et je migre de plus en plus sur les forums de DeviantArt. Il se trouve que j'ai continué à dessiner, et que j'ai donc écumé toutes les galeries en ligne pour mettre mes dessins en ligne. DeviantArt, c'est un aboutissement : on peut tout faire là dessus, commenter les dessins, avoir des amis, faire des favoris... Toutes les attentes auxquelles ne répondaient que partiellement les galeries que j'ai pu fréquenter avant. Je fréquente activement le forum cinéma, le forum livre, et le forum politique. Là aussi, je discute politique avec mes interlocuteurs internationaux. J'arrive à trouver des terrains d'entente avec les néocons américains, mais je finis par laisser choir la discussion avec le nazi belge.
    En 2006, c'est la guerre entre le Liban et Israël. Il se trouve que je suis amie DeviantArt avec deux libanais, qui racontent les bombardements de Beyrouth dans leur journal. Je créée un sujet sur le forum politique pour inviter les DeviantArtists libanais et israéliens à raconter leur version de l'histoire, en me disant que la confrontation peut être intéressante. Une demi-douzaine d'israéliens viennent donner leur version, mais pas de libanais. Plus tard, je lirais un article qui indique que pendant cette guerre, les israéliens ont en masse consulté les blogs des libanais, afin de mieux connaître le situation derrière les lignes. J'ai le sentiment de faire partie de l'Histoire.

    Je dessine de moins en moins, ma vie réelle tend à s'animer (ce qui me laisse moins disponible pour ma vie en ligne) et mes centres d'intérêt changent. Je déserte quelque peu les forums DeviantArt pour aller sur le forums d'IMDb où je peux discuter de façon plus précise mes adorations cinématographiques. Je suranalyse, entre autres, la Ligne Rouge et les Infiltrés. Je découvre aussi le forum Citizen Kane, qui a un fonctionnement très amusant : comme Citizen Kane est cité comme le meilleur film américain par la liste proposée par l'American Film Institute, son forum accueille quotidiennement des messages de grands esprits qui clament haut et fort qu'il l'on vu, et qu'il est surévalué. Du coup, la communauté des habitués s'est adaptée : leur quotidien est de faire des rebuffades inventives puis de court-circuiter le discussion pour discuter des derniers films qu'ils ont vu. Je me mêle à eux et je prends plein de références. Plus tard, nous nous ferons recruter sur un forum de "réfugiés" du forum musique d'IMDb dont le modérateur invite en VIP les gens dont il apprécie les contributions. L'ambiance y est très bonne et très internationale : il y a des américains, des anglais, des néérlandais, des australiens, des israéliens, etc. Je lis ce que racontent mes amies américaines qui se demandent (pour les plus jeunes) si cela vaut vraiment le coup de s'endetter à vie pour faire des études supérieures ou (pour les plus âgées) comment faire pour continuer des études avec la somme de dettes qu'elles ont accumulées et je me dis que le système des études supérieures américain marche sur la tête.

    Depuis, ma vie réelle a décidément pris plus d'ampleur. Je lis toujours des sites américains, mais je vais beaucoup moins sur les forums.

    Bilan de ces années ? Je lis et j'écris désormais en anglais couramment (pour le parler, c'est plus compliqué), mes capacités en dessin ont augmenté, mes capacités en argumentation se sont très fortement blindées, ce qui m'a servi à beaucoup de reprises par la suite. J'ai le sentiment que grâce à mes débats sans fins avec mes américains, je sais mieux ouvrir le débat et donner leur chance à des idées contradictoires, sans préjuger de leur intérêt - et j'ai le sentiment que c'est important. Je pense que ma vision du monde est plus nuancée que si j'avais évolué sans cela. Et puis j'ai gardé de cela une notion assez intuitive de la façon dont peuvent fonctionner les forums et les communautés, qui me sert, en fait, dans ma vie professionnelle. Quand je lis l'Encyclopedia Dramatica, je trouve des tas de forums, d'éléments ou de gens que j'ai pu côtoyer en vrai. Et ça, c'est cool.

  •  - Par Julielm

    1999, j'ai 15 ans, j'obtiens pour la première fois ma connexion Internet et c'est partie pour une grande histoire d'amour.

    Premier centre d'intérêt à explorer : les jeux vidéos. J'explore le web français que je trouve, à l'époque, plutôt limité. Mais je tombe par la suite sur les sites (en anglais) du web Américain et, oh joie, il y a des communautés autour de mes jeux préférés. Je me mets à correspondre avec une Américaine, dont j'ai trouvé les coordonnées sur un site, qui m'introduit sur un forum antique (à l'époque, pas de sujets, toutes les interventions sont postées à la suite). Dans les débuts, c'est plutôt laborieux, mon anglais est limité et je me contente de beaucoup parler de fromage (frenchitude oblige). Mais voilà une motivation énorme pour apprendre l'anglais. Mes notes en la matière, plutôt moyennes depuis le début du collège, commencent à augmenter : j'apprends les listes de verbes irréguliers avec délice.
    Par ailleurs je me rends compte que tous ces gens-là dessinent, et que de bien dessiner est une source de prestige certaine. ça tombe bien, j'aime bien dessiner. Je me mets à produire en masse, m'inspirant au fil des années de mes admirations successives. Je créée mon premier site (sur Publisher, idée idiote).

    Notre forum antique finit par être fermé, et un de mes bons amis (qui, il se trouve, tient un des fansites les plus importants sur le jeu vidéo qui nous intéresse) créée son forum (un BB Board). J'y suis dès le premier jour : ce sera ma base arrière sur Internet pendant plusieurs années.
    Le forum dans lequel je suis fédère sa propre communauté : nous vivons des aventures formidables, créant l'événement autour des bonnes idées des uns et des autres (une bonne idée de ma part : je découvre que de créer des smilies, c'est simple, j'en customize plein puis je me mets en tête d'en créer à l'effigie des avatar de mes amis. Succès fou.)
    En discutant de tout, nous en venons aussi à discuter politique : en 2002, lors de la guerre en Irak, je suis française, je suis contre, évidemment ; je me rends compte que la moitié de mes amis américains sont pour. S'ensuivent de longues argumentations. Au fil de ces discussions, je fait une découverte qui change ma vie : je me rends compte que mes amis américains baignent dans un univers médiatique extrêmement différent du mien, et que, compte tenu des informations qu'ils reçoivent, il est logique qu'ils puissent arriver à des conclusions qui me paraissent inconcevables. Je ne change pas d'avis sur la guerre en Irak - mais je regarde avec plus de méfiance depuis les limites de mon univers médiatique et je m'énerve désormais quand on me tient des discours du type "ils sont fous ces américains".
    Nous nous plumons également sur le conflit Israël-Palestine (nous sommes en plein pendant la seconde intifada) et je me fais notamment traiter de nazie par un ami juif américain parce que le proteste contre le couvre-feu imposé dans les territoires. Plus tard, sur AIM, nous réglerons nos différents et négocierons avec succès la paix au Moyen-Orient (j'arrête le terrorisme, il démantèle les colonies).

    Au fil du temps, notre forum devient un peu un repaire de trolls. A un moment, nous sommes attaqués par un faux culte, les "genos", prônant l'uniformité. En fait, il s'agit de représentants des forums SomethingAwful. On s'énerve un peu avant de remonter la piste.
    Sinon, le forum génère ses propres trolls au fur et à mesure que les habitués vieillissent, alors que les nouveaux sont toujours aussi naïfs. Je ne fais pas dans le troll, ce n'est pas mon style (dans la typologie des flamewarriors, je me positionne plutôt entre le "philosophe" et l'"ent") - mais je m'entend bien avec nos trolls. Déjà, il y en a un certain nombre que je connais depuis leur période non-troll. Ensuite, nos trolls s'attaquent généralement aux forumeurs politiquement conservateurs sans imagination : nous sommes donc alliés objectifs (c'est que je n'ai pas arrêté de discuter politique...).

    Mais mon forum arrive quand même en fin de vie, mon intérêt pour les jeux vidéos s'amenuise, et je migre de plus en plus sur les forums de DeviantArt. Il se trouve que j'ai continué à dessiner, et que j'ai donc écumé toutes les galeries en ligne pour mettre mes dessins en ligne. DeviantArt, c'est un aboutissement : on peut tout faire là dessus, commenter les dessins, avoir des amis, faire des favoris... Toutes les attentes auxquelles ne répondaient que partiellement les galeries que j'ai pu fréquenter avant. Je fréquente activement le forum cinéma, le forum livre, et le forum politique. Là aussi, je discute politique avec mes interlocuteurs internationaux. J'arrive à trouver des terrains d'entente avec les néocons américains, mais je finis par laisser choir la discussion avec le nazi belge.
    En 2006, c'est la guerre entre le Liban et Israël. Il se trouve que je suis amie DeviantArt avec deux libanais, qui racontent les bombardements de Beyrouth dans leur journal. Je créée un sujet sur le forum politique pour inviter les DeviantArtists libanais et israéliens à raconter leur version de l'histoire, en me disant que la confrontation peut être intéressante. Une demi-douzaine d'israéliens viennent donner leur version, mais pas de libanais. Plus tard, je lirais un article qui indique que pendant cette guerre, les israéliens ont en masse consulté les blogs des libanais, afin de mieux connaître le situation derrière les lignes. J'ai le sentiment de faire partie de l'Histoire.

    Je dessine de moins en moins, ma vie réelle tend à s'animer (ce qui me laisse moins disponible pour ma vie en ligne) et mes centres d'intérêt changent. Je déserte quelque peu les forums DeviantArt pour aller sur le forums d'IMDb où je peux discuter de façon plus précise mes adorations cinématographiques. Je suranalyse, entre autres, la Ligne Rouge et les Infiltrés. Je découvre aussi le forum Citizen Kane, qui a un fonctionnement très amusant : comme Citizen Kane est cité comme le meilleur film américain par la liste proposée par l'American Film Institute, son forum accueille quotidiennement des messages de grands esprits qui clament haut et fort qu'il l'on vu, et qu'il est surévalué. Du coup, la communauté des habitués s'est adaptée : leur quotidien est de faire des rebuffades inventives puis de court-circuiter le discussion pour discuter des derniers films qu'ils ont vu. Je me mêle à eux et je prends plein de références. Plus tard, nous nous ferons recruter sur un forum de "réfugiés" du forum musique d'IMDb dont le modérateur invite en VIP les gens dont il apprécie les contributions. L'ambiance y est très bonne et très internationale : il y a des américains, des anglais, des néérlandais, des australiens, des israéliens, etc. Je lis ce que racontent mes amies américaines qui se demandent (pour les plus jeunes) si cela vaut vraiment le coup de s'endetter à vie pour faire des études supérieures ou (pour les plus âgées) comment faire pour continuer des études avec la somme de dettes qu'elles ont accumulées et je me dis que le système des études supérieures américain marche sur la tête.

    Depuis, ma vie réelle a décidément pris plus d'ampleur. Je lis toujours des sites américains, mais je vais beaucoup moins sur les forums.

    Bilan de ces années ? Je lis et j'écris désormais en anglais couramment (pour le parler, c'est plus compliqué), mes capacités en dessin ont augmenté, mes capacités en argumentation se sont très fortement blindées, ce qui m'a servi à beaucoup de reprises par la suite. J'ai le sentiment que grâce à mes débats sans fins avec mes américains, je sais mieux ouvrir le débat et donner leur chance à des idées contradictoires, sans préjuger de leur intérêt - et j'ai le sentiment que c'est important. Je pense que ma vision du monde est plus nuancée que si j'avais évolué sans cela. Et puis j'ai gardé de cela une notion assez intuitive de la façon dont peuvent fonctionner les forums et les communautés, qui me sert, en fait, dans ma vie professionnelle. Quand je lis l'Encyclopedia Dramatica, je trouve des tas de forums, d'éléments ou de gens que j'ai pu côtoyer en vrai. Et ça, c'est cool.

  •  - Par Julielm

    1999, j'ai 15 ans, j'obtiens pour la première fois ma connexion Internet et c'est partie pour une grande histoire d'amour.

    Premier centre d'intérêt à explorer : les jeux vidéos. J'explore le web français que je trouve, à l'époque, plutôt limité. Mais je tombe par la suite sur les sites (en anglais) du web Américain et, oh joie, il y a des communautés autour de mes jeux préférés. Je me mets à correspondre avec une Américaine, dont j'ai trouvé les coordonnées sur un site, qui m'introduit sur un forum antique (à l'époque, pas de sujets, toutes les interventions sont postées à la suite). Dans les débuts, c'est plutôt laborieux, mon anglais est limité et je me contente de beaucoup parler de fromage (frenchitude oblige). Mais voilà une motivation énorme pour apprendre l'anglais. Mes notes en la matière, plutôt moyennes depuis le début du collège, commencent à augmenter : j'apprends les listes de verbes irréguliers avec délice.
    Par ailleurs je me rends compte que tous ces gens-là dessinent, et que de bien dessiner est une source de prestige certaine. ça tombe bien, j'aime bien dessiner. Je me mets à produire en masse, m'inspirant au fil des années de mes admirations successives. Je créée mon premier site (sur Publisher, idée idiote).

    Notre forum antique finit par être fermé, et un de mes bons amis (qui, il se trouve, tient un des fansites les plus importants sur le jeu vidéo qui nous intéresse) créée son forum (un BB Board). J'y suis dès le premier jour : ce sera ma base arrière sur Internet pendant plusieurs années.
    Le forum dans lequel je suis fédère sa propre communauté : nous vivons des aventures formidables, créant l'événement autour des bonnes idées des uns et des autres (une bonne idée de ma part : je découvre que de créer des smilies, c'est simple, j'en customize plein puis je me mets en tête d'en créer à l'effigie des avatar de mes amis. Succès fou.)
    En discutant de tout, nous en venons aussi à discuter politique : en 2002, lors de la guerre en Irak, je suis française, je suis contre, évidemment ; je me rends compte que la moitié de mes amis américains sont pour. S'ensuivent de longues argumentations. Au fil de ces discussions, je fait une découverte qui change ma vie : je me rends compte que mes amis américains baignent dans un univers médiatique extrêmement différent du mien, et que, compte tenu des informations qu'ils reçoivent, il est logique qu'ils puissent arriver à des conclusions qui me paraissent inconcevables. Je ne change pas d'avis sur la guerre en Irak - mais je regarde avec plus de méfiance depuis les limites de mon univers médiatique et je m'énerve désormais quand on me tient des discours du type "ils sont fous ces américains".
    Nous nous plumons également sur le conflit Israël-Palestine (nous sommes en plein pendant la seconde intifada) et je me fais notamment traiter de nazie par un ami juif américain parce que le proteste contre le couvre-feu imposé dans les territoires. Plus tard, sur AIM, nous réglerons nos différents et négocierons avec succès la paix au Moyen-Orient (j'arrête le terrorisme, il démantèle les colonies).

    Au fil du temps, notre forum devient un peu un repaire de trolls. A un moment, nous sommes attaqués par un faux culte, les "genos", prônant l'uniformité. En fait, il s'agit de représentants des forums SomethingAwful. On s'énerve un peu avant de remonter la piste.
    Sinon, le forum génère ses propres trolls au fur et à mesure que les habitués vieillissent, alors que les nouveaux sont toujours aussi naïfs. Je ne fais pas dans le troll, ce n'est pas mon style (dans la typologie des flamewarriors, je me positionne plutôt entre le "philosophe" et l'"ent") - mais je m'entend bien avec nos trolls. Déjà, il y en a un certain nombre que je connais depuis leur période non-troll. Ensuite, nos trolls s'attaquent généralement aux forumeurs politiquement conservateurs sans imagination : nous sommes donc alliés objectifs (c'est que je n'ai pas arrêté de discuter politique...).

    Mais mon forum arrive quand même en fin de vie, mon intérêt pour les jeux vidéos s'amenuise, et je migre de plus en plus sur les forums de DeviantArt. Il se trouve que j'ai continué à dessiner, et que j'ai donc écumé toutes les galeries en ligne pour mettre mes dessins en ligne. DeviantArt, c'est un aboutissement : on peut tout faire là dessus, commenter les dessins, avoir des amis, faire des favoris... Toutes les attentes auxquelles ne répondaient que partiellement les galeries que j'ai pu fréquenter avant. Je fréquente activement le forum cinéma, le forum livre, et le forum politique. Là aussi, je discute politique avec mes interlocuteurs internationaux. J'arrive à trouver des terrains d'entente avec les néocons américains, mais je finis par laisser choir la discussion avec le nazi belge.
    En 2006, c'est la guerre entre le Liban et Israël. Il se trouve que je suis amie DeviantArt avec deux libanais, qui racontent les bombardements de Beyrouth dans leur journal. Je créée un sujet sur le forum politique pour inviter les DeviantArtists libanais et israéliens à raconter leur version de l'histoire, en me disant que la confrontation peut être intéressante. Une demi-douzaine d'israéliens viennent donner leur version, mais pas de libanais. Plus tard, je lirais un article qui indique que pendant cette guerre, les israéliens ont en masse consulté les blogs des libanais, afin de mieux connaître le situation derrière les lignes. J'ai le sentiment de faire partie de l'Histoire.

    Je dessine de moins en moins, ma vie réelle tend à s'animer (ce qui me laisse moins disponible pour ma vie en ligne) et mes centres d'intérêt changent. Je déserte quelque peu les forums DeviantArt pour aller sur le forums d'IMDb où je peux discuter de façon plus précise mes adorations cinématographiques. Je suranalyse, entre autres, la Ligne Rouge et les Infiltrés. Je découvre aussi le forum Citizen Kane, qui a un fonctionnement très amusant : comme Citizen Kane est cité comme le meilleur film américain par la liste proposée par l'American Film Institute, son forum accueille quotidiennement des messages de grands esprits qui clament haut et fort qu'il l'on vu, et qu'il est surévalué. Du coup, la communauté des habitués s'est adaptée : leur quotidien est de faire des rebuffades inventives puis de court-circuiter le discussion pour discuter des derniers films qu'ils ont vu. Je me mêle à eux et je prends plein de références. Plus tard, nous nous ferons recruter sur un forum de "réfugiés" du forum musique d'IMDb dont le modérateur invite en VIP les gens dont il apprécie les contributions. L'ambiance y est très bonne et très internationale : il y a des américains, des anglais, des néérlandais, des australiens, des israéliens, etc. Je lis ce que racontent mes amies américaines qui se demandent (pour les plus jeunes) si cela vaut vraiment le coup de s'endetter à vie pour faire des études supérieures ou (pour les plus âgées) comment faire pour continuer des études avec la somme de dettes qu'elles ont accumulées et je me dis que le système des études supérieures américain marche sur la tête.

    Depuis, ma vie réelle a décidément pris plus d'ampleur. Je lis toujours des sites américains, mais je vais beaucoup moins sur les forums.

    Bilan de ces années ? Je lis et j'écris désormais en anglais couramment (pour le parler, c'est plus compliqué), mes capacités en dessin ont augmenté, mes capacités en argumentation se sont très fortement blindées, ce qui m'a servi à beaucoup de reprises par la suite. J'ai le sentiment que grâce à mes débats sans fins avec mes américains, je sais mieux ouvrir le débat et donner leur chance à des idées contradictoires, sans préjuger de leur intérêt - et j'ai le sentiment que c'est important. Je pense que ma vision du monde est plus nuancée que si j'avais évolué sans cela. Et puis j'ai gardé de cela une notion assez intuitive de la façon dont peuvent fonctionner les forums et les communautés, qui me sert, en fait, dans ma vie professionnelle. Quand je lis l'Encyclopedia Dramatica, je trouve des tas de forums, d'éléments ou de gens que j'ai pu côtoyer en vrai. Et ça, c'est cool.

  •  - Par Julielm

    1999, j'ai 15 ans, j'obtiens pour la première fois ma connexion Internet et c'est partie pour une grande histoire d'amour.

    Premier centre d'intérêt à explorer : les jeux vidéos. J'explore le web français que je trouve, à l'époque, plutôt limité. Mais je tombe par la suite sur les sites (en anglais) du web Américain et, oh joie, il y a des communautés autour de mes jeux préférés. Je me mets à correspondre avec une Américaine, dont j'ai trouvé les coordonnées sur un site, qui m'introduit sur un forum antique (à l'époque, pas de sujets, toutes les interventions sont postées à la suite). Dans les débuts, c'est plutôt laborieux, mon anglais est limité et je me contente de beaucoup parler de fromage (frenchitude oblige). Mais voilà une motivation énorme pour apprendre l'anglais. Mes notes en la matière, plutôt moyennes depuis le début du collège, commencent à augmenter : j'apprends les listes de verbes irréguliers avec délice.
    Par ailleurs je me rends compte que tous ces gens-là dessinent, et que de bien dessiner est une source de prestige certaine. ça tombe bien, j'aime bien dessiner. Je me mets à produire en masse, m'inspirant au fil des années de mes admirations successives. Je créée mon premier site (sur Publisher, idée idiote).

    Notre forum antique finit par être fermé, et un de mes bons amis (qui, il se trouve, tient un des fansites les plus importants sur le jeu vidéo qui nous intéresse) créée son forum (un BB Board). J'y suis dès le premier jour : ce sera ma base arrière sur Internet pendant plusieurs années.
    Le forum dans lequel je suis fédère sa propre communauté : nous vivons des aventures formidables, créant l'événement autour des bonnes idées des uns et des autres (une bonne idée de ma part : je découvre que de créer des smilies, c'est simple, j'en customize plein puis je me mets en tête d'en créer à l'effigie des avatar de mes amis. Succès fou.)
    En discutant de tout, nous en venons aussi à discuter politique : en 2002, lors de la guerre en Irak, je suis française, je suis contre, évidemment ; je me rends compte que la moitié de mes amis américains sont pour. S'ensuivent de longues argumentations. Au fil de ces discussions, je fait une découverte qui change ma vie : je me rends compte que mes amis américains baignent dans un univers médiatique extrêmement différent du mien, et que, compte tenu des informations qu'ils reçoivent, il est logique qu'ils puissent arriver à des conclusions qui me paraissent inconcevables. Je ne change pas d'avis sur la guerre en Irak - mais je regarde avec plus de méfiance depuis les limites de mon univers médiatique et je m'énerve désormais quand on me tient des discours du type "ils sont fous ces américains".
    Nous nous plumons également sur le conflit Israël-Palestine (nous sommes en plein pendant la seconde intifada) et je me fais notamment traiter de nazie par un ami juif américain parce que le proteste contre le couvre-feu imposé dans les territoires. Plus tard, sur AIM, nous réglerons nos différents et négocierons avec succès la paix au Moyen-Orient (j'arrête le terrorisme, il démantèle les colonies).

    Au fil du temps, notre forum devient un peu un repaire de trolls. A un moment, nous sommes attaqués par un faux culte, les "genos", prônant l'uniformité. En fait, il s'agit de représentants des forums SomethingAwful. On s'énerve un peu avant de remonter la piste.
    Sinon, le forum génère ses propres trolls au fur et à mesure que les habitués vieillissent, alors que les nouveaux sont toujours aussi naïfs. Je ne fais pas dans le troll, ce n'est pas mon style (dans la typologie des flamewarriors, je me positionne plutôt entre le "philosophe" et l'"ent") - mais je m'entend bien avec nos trolls. Déjà, il y en a un certain nombre que je connais depuis leur période non-troll. Ensuite, nos trolls s'attaquent généralement aux forumeurs politiquement conservateurs sans imagination : nous sommes donc alliés objectifs (c'est que je n'ai pas arrêté de discuter politique...).

    Mais mon forum arrive quand même en fin de vie, mon intérêt pour les jeux vidéos s'amenuise, et je migre de plus en plus sur les forums de DeviantArt. Il se trouve que j'ai continué à dessiner, et que j'ai donc écumé toutes les galeries en ligne pour mettre mes dessins en ligne. DeviantArt, c'est un aboutissement : on peut tout faire là dessus, commenter les dessins, avoir des amis, faire des favoris... Toutes les attentes auxquelles ne répondaient que partiellement les galeries que j'ai pu fréquenter avant. Je fréquente activement le forum cinéma, le forum livre, et le forum politique. Là aussi, je discute politique avec mes interlocuteurs internationaux. J'arrive à trouver des terrains d'entente avec les néocons américains, mais je finis par laisser choir la discussion avec le nazi belge.
    En 2006, c'est la guerre entre le Liban et Israël. Il se trouve que je suis amie DeviantArt avec deux libanais, qui racontent les bombardements de Beyrouth dans leur journal. Je créée un sujet sur le forum politique pour inviter les DeviantArtists libanais et israéliens à raconter leur version de l'histoire, en me disant que la confrontation peut être intéressante. Une demi-douzaine d'israéliens viennent donner leur version, mais pas de libanais. Plus tard, je lirais un article qui indique que pendant cette guerre, les israéliens ont en masse consulté les blogs des libanais, afin de mieux connaître le situation derrière les lignes. J'ai le sentiment de faire partie de l'Histoire.

    Je dessine de moins en moins, ma vie réelle tend à s'animer (ce qui me laisse moins disponible pour ma vie en ligne) et mes centres d'intérêt changent. Je déserte quelque peu les forums DeviantArt pour aller sur le forums d'IMDb où je peux discuter de façon plus précise mes adorations cinématographiques. Je suranalyse, entre autres, la Ligne Rouge et les Infiltrés. Je découvre aussi le forum Citizen Kane, qui a un fonctionnement très amusant : comme Citizen Kane est cité comme le meilleur film américain par la liste proposée par l'American Film Institute, son forum accueille quotidiennement des messages de grands esprits qui clament haut et fort qu'il l'on vu, et qu'il est surévalué. Du coup, la communauté des habitués s'est adaptée : leur quotidien est de faire des rebuffades inventives puis de court-circuiter le discussion pour discuter des derniers films qu'ils ont vu. Je me mêle à eux et je prends plein de références. Plus tard, nous nous ferons recruter sur un forum de "réfugiés" du forum musique d'IMDb dont le modérateur invite en VIP les gens dont il apprécie les contributions. L'ambiance y est très bonne et très internationale : il y a des américains, des anglais, des néérlandais, des australiens, des israéliens, etc. Je lis ce que racontent mes amies américaines qui se demandent (pour les plus jeunes) si cela vaut vraiment le coup de s'endetter à vie pour faire des études supérieures ou (pour les plus âgées) comment faire pour continuer des études avec la somme de dettes qu'elles ont accumulées et je me dis que le système des études supérieures américain marche sur la tête.

    Depuis, ma vie réelle a décidément pris plus d'ampleur. Je lis toujours des sites américains, mais je vais beaucoup moins sur les forums.

    Bilan de ces années ? Je lis et j'écris désormais en anglais couramment (pour le parler, c'est plus compliqué), mes capacités en dessin ont augmenté, mes capacités en argumentation se sont très fortement blindées, ce qui m'a servi à beaucoup de reprises par la suite. J'ai le sentiment que grâce à mes débats sans fins avec mes américains, je sais mieux ouvrir le débat et donner leur chance à des idées contradictoires, sans préjuger de leur intérêt - et j'ai le sentiment que c'est important. Je pense que ma vision du monde est plus nuancée que si j'avais évolué sans cela. Et puis j'ai gardé de cela une notion assez intuitive de la façon dont peuvent fonctionner les forums et les communautés, qui me sert, en fait, dans ma vie professionnelle. Quand je lis l'Encyclopedia Dramatica, je trouve des tas de forums, d'éléments ou de gens que j'ai pu côtoyer en vrai. Et ça, c'est cool.

  •  - Par Julielm

    1999, j'ai 15 ans, j'obtiens pour la première fois ma connexion Internet et c'est partie pour une grande histoire d'amour.

    Premier centre d'intérêt à explorer : les jeux vidéos. J'explore le web français que je trouve, à l'époque, plutôt limité. Mais je tombe par la suite sur les sites (en anglais) du web Américain et, oh joie, il y a des communautés autour de mes jeux préférés. Je me mets à correspondre avec une Américaine, dont j'ai trouvé les coordonnées sur un site, qui m'introduit sur un forum antique (à l'époque, pas de sujets, toutes les interventions sont postées à la suite). Dans les débuts, c'est plutôt laborieux, mon anglais est limité et je me contente de beaucoup parler de fromage (frenchitude oblige). Mais voilà une motivation énorme pour apprendre l'anglais. Mes notes en la matière, plutôt moyennes depuis le début du collège, commencent à augmenter : j'apprends les listes de verbes irréguliers avec délice.
    Par ailleurs je me rends compte que tous ces gens-là dessinent, et que de bien dessiner est une source de prestige certaine. ça tombe bien, j'aime bien dessiner. Je me mets à produire en masse, m'inspirant au fil des années de mes admirations successives. Je créée mon premier site (sur Publisher, idée idiote).

    Notre forum antique finit par être fermé, et un de mes bons amis (qui, il se trouve, tient un des fansites les plus importants sur le jeu vidéo qui nous intéresse) créée son forum (un BB Board). J'y suis dès le premier jour : ce sera ma base arrière sur Internet pendant plusieurs années.
    Le forum dans lequel je suis fédère sa propre communauté : nous vivons des aventures formidables, créant l'événement autour des bonnes idées des uns et des autres (une bonne idée de ma part : je découvre que de créer des smilies, c'est simple, j'en customize plein puis je me mets en tête d'en créer à l'effigie des avatar de mes amis. Succès fou.)
    En discutant de tout, nous en venons aussi à discuter politique : en 2002, lors de la guerre en Irak, je suis française, je suis contre, évidemment ; je me rends compte que la moitié de mes amis américains sont pour. S'ensuivent de longues argumentations. Au fil de ces discussions, je fait une découverte qui change ma vie : je me rends compte que mes amis américains baignent dans un univers médiatique extrêmement différent du mien, et que, compte tenu des informations qu'ils reçoivent, il est logique qu'ils puissent arriver à des conclusions qui me paraissent inconcevables. Je ne change pas d'avis sur la guerre en Irak - mais je regarde avec plus de méfiance depuis les limites de mon univers médiatique et je m'énerve désormais quand on me tient des discours du type "ils sont fous ces américains".
    Nous nous plumons également sur le conflit Israël-Palestine (nous sommes en plein pendant la seconde intifada) et je me fais notamment traiter de nazie par un ami juif américain parce que le proteste contre le couvre-feu imposé dans les territoires. Plus tard, sur AIM, nous réglerons nos différents et négocierons avec succès la paix au Moyen-Orient (j'arrête le terrorisme, il démantèle les colonies).

    Au fil du temps, notre forum devient un peu un repaire de trolls. A un moment, nous sommes attaqués par un faux culte, les "genos", prônant l'uniformité. En fait, il s'agit de représentants des forums SomethingAwful. On s'énerve un peu avant de remonter la piste.
    Sinon, le forum génère ses propres trolls au fur et à mesure que les habitués vieillissent, alors que les nouveaux sont toujours aussi naïfs. Je ne fais pas dans le troll, ce n'est pas mon style (dans la typologie des flamewarriors, je me positionne plutôt entre le "philosophe" et l'"ent") - mais je m'entend bien avec nos trolls. Déjà, il y en a un certain nombre que je connais depuis leur période non-troll. Ensuite, nos trolls s'attaquent généralement aux forumeurs politiquement conservateurs sans imagination : nous sommes donc alliés objectifs (c'est que je n'ai pas arrêté de discuter politique...).

    Mais mon forum arrive quand même en fin de vie, mon intérêt pour les jeux vidéos s'amenuise, et je migre de plus en plus sur les forums de DeviantArt. Il se trouve que j'ai continué à dessiner, et que j'ai donc écumé toutes les galeries en ligne pour mettre mes dessins en ligne. DeviantArt, c'est un aboutissement : on peut tout faire là dessus, commenter les dessins, avoir des amis, faire des favoris... Toutes les attentes auxquelles ne répondaient que partiellement les galeries que j'ai pu fréquenter avant. Je fréquente activement le forum cinéma, le forum livre, et le forum politique. Là aussi, je discute politique avec mes interlocuteurs internationaux. J'arrive à trouver des terrains d'entente avec les néocons américains, mais je finis par laisser choir la discussion avec le nazi belge.
    En 2006, c'est la guerre entre le Liban et Israël. Il se trouve que je suis amie DeviantArt avec deux libanais, qui racontent les bombardements de Beyrouth dans leur journal. Je créée un sujet sur le forum politique pour inviter les DeviantArtists libanais et israéliens à raconter leur version de l'histoire, en me disant que la confrontation peut être intéressante. Une demi-douzaine d'israéliens viennent donner leur version, mais pas de libanais. Plus tard, je lirais un article qui indique que pendant cette guerre, les israéliens ont en masse consulté les blogs des libanais, afin de mieux connaître le situation derrière les lignes. J'ai le sentiment de faire partie de l'Histoire.

    Je dessine de moins en moins, ma vie réelle tend à s'animer (ce qui me laisse moins disponible pour ma vie en ligne) et mes centres d'intérêt changent. Je déserte quelque peu les forums DeviantArt pour aller sur le forums d'IMDb où je peux discuter de façon plus précise mes adorations cinématographiques. Je suranalyse, entre autres, la Ligne Rouge et les Infiltrés. Je découvre aussi le forum Citizen Kane, qui a un fonctionnement très amusant : comme Citizen Kane est cité comme le meilleur film américain par la liste proposée par l'American Film Institute, son forum accueille quotidiennement des messages de grands esprits qui clament haut et fort qu'il l'on vu, et qu'il est surévalué. Du coup, la communauté des habitués s'est adaptée : leur quotidien est de faire des rebuffades inventives puis de court-circuiter le discussion pour discuter des derniers films qu'ils ont vu. Je me mêle à eux et je prends plein de références. Plus tard, nous nous ferons recruter sur un forum de "réfugiés" du forum musique d'IMDb dont le modérateur invite en VIP les gens dont il apprécie les contributions. L'ambiance y est très bonne et très internationale : il y a des américains, des anglais, des néérlandais, des australiens, des israéliens, etc. Je lis ce que racontent mes amies américaines qui se demandent (pour les plus jeunes) si cela vaut vraiment le coup de s'endetter à vie pour faire des études supérieures ou (pour les plus âgées) comment faire pour continuer des études avec la somme de dettes qu'elles ont accumulées et je me dis que le système des études supérieures américain marche sur la tête.

    Depuis, ma vie réelle a décidément pris plus d'ampleur. Je lis toujours des sites américains, mais je vais beaucoup moins sur les forums.

    Bilan de ces années ? Je lis et j'écris désormais en anglais couramment (pour le parler, c'est plus compliqué), mes capacités en dessin ont augmenté, mes capacités en argumentation se sont très fortement blindées, ce qui m'a servi à beaucoup de reprises par la suite. J'ai le sentiment que grâce à mes débats sans fins avec mes américains, je sais mieux ouvrir le débat et donner leur chance à des idées contradictoires, sans préjuger de leur intérêt - et j'ai le sentiment que c'est important. Je pense que ma vision du monde est plus nuancée que si j'avais évolué sans cela. Et puis j'ai gardé de cela une notion assez intuitive de la façon dont peuvent fonctionner les forums et les communautés, qui me sert, en fait, dans ma vie professionnelle. Quand je lis l'Encyclopedia Dramatica, je trouve des tas de forums, d'éléments ou de gens que j'ai pu côtoyer en vrai. Et ça, c'est cool.

  •  - Par Julielm

    1999, j'ai 15 ans, j'obtiens pour la première fois ma connexion Internet et c'est partie pour une grande histoire d'amour.

    Premier centre d'intérêt à explorer : les jeux vidéos. J'explore le web français que je trouve, à l'époque, plutôt limité. Mais je tombe par la suite sur les sites (en anglais) du web Américain et, oh joie, il y a des communautés autour de mes jeux préférés. Je me mets à correspondre avec une Américaine, dont j'ai trouvé les coordonnées sur un site, qui m'introduit sur un forum antique (à l'époque, pas de sujets, toutes les interventions sont postées à la suite). Dans les débuts, c'est plutôt laborieux, mon anglais est limité et je me contente de beaucoup parler de fromage (frenchitude oblige). Mais voilà une motivation énorme pour apprendre l'anglais. Mes notes en la matière, plutôt moyennes depuis le début du collège, commencent à augmenter : j'apprends les listes de verbes irréguliers avec délice.
    Par ailleurs je me rends compte que tous ces gens-là dessinent, et que de bien dessiner est une source de prestige certaine. ça tombe bien, j'aime bien dessiner. Je me mets à produire en masse, m'inspirant au fil des années de mes admirations successives. Je créée mon premier site (sur Publisher, idée idiote).

    Notre forum antique finit par être fermé, et un de mes bons amis (qui, il se trouve, tient un des fansites les plus importants sur le jeu vidéo qui nous intéresse) créée son forum (un BB Board). J'y suis dès le premier jour : ce sera ma base arrière sur Internet pendant plusieurs années.
    Le forum dans lequel je suis fédère sa propre communauté : nous vivons des aventures formidables, créant l'événement autour des bonnes idées des uns et des autres (une bonne idée de ma part : je découvre que de créer des smilies, c'est simple, j'en customize plein puis je me mets en tête d'en créer à l'effigie des avatar de mes amis. Succès fou.)
    En discutant de tout, nous en venons aussi à discuter politique : en 2002, lors de la guerre en Irak, je suis française, je suis contre, évidemment ; je me rends compte que la moitié de mes amis américains sont pour. S'ensuivent de longues argumentations. Au fil de ces discussions, je fait une découverte qui change ma vie : je me rends compte que mes amis américains baignent dans un univers médiatique extrêmement différent du mien, et que, compte tenu des informations qu'ils reçoivent, il est logique qu'ils puissent arriver à des conclusions qui me paraissent inconcevables. Je ne change pas d'avis sur la guerre en Irak - mais je regarde avec plus de méfiance depuis les limites de mon univers médiatique et je m'énerve désormais quand on me tient des discours du type "ils sont fous ces américains".
    Nous nous plumons également sur le conflit Israël-Palestine (nous sommes en plein pendant la seconde intifada) et je me fais notamment traiter de nazie par un ami juif américain parce que le proteste contre le couvre-feu imposé dans les territoires. Plus tard, sur AIM, nous réglerons nos différents et négocierons avec succès la paix au Moyen-Orient (j'arrête le terrorisme, il démantèle les colonies).

    Au fil du temps, notre forum devient un peu un repaire de trolls. A un moment, nous sommes attaqués par un faux culte, les "genos", prônant l'uniformité. En fait, il s'agit de représentants des forums SomethingAwful. On s'énerve un peu avant de remonter la piste.
    Sinon, le forum génère ses propres trolls au fur et à mesure que les habitués vieillissent, alors que les nouveaux sont toujours aussi naïfs. Je ne fais pas dans le troll, ce n'est pas mon style (dans la typologie des flamewarriors, je me positionne plutôt entre le "philosophe" et l'"ent") - mais je m'entend bien avec nos trolls. Déjà, il y en a un certain nombre que je connais depuis leur période non-troll. Ensuite, nos trolls s'attaquent généralement aux forumeurs politiquement conservateurs sans imagination : nous sommes donc alliés objectifs (c'est que je n'ai pas arrêté de discuter politique...).

    Mais mon forum arrive quand même en fin de vie, mon intérêt pour les jeux vidéos s'amenuise, et je migre de plus en plus sur les forums de DeviantArt. Il se trouve que j'ai continué à dessiner, et que j'ai donc écumé toutes les galeries en ligne pour mettre mes dessins en ligne. DeviantArt, c'est un aboutissement : on peut tout faire là dessus, commenter les dessins, avoir des amis, faire des favoris... Toutes les attentes auxquelles ne répondaient que partiellement les galeries que j'ai pu fréquenter avant. Je fréquente activement le forum cinéma, le forum livre, et le forum politique. Là aussi, je discute politique avec mes interlocuteurs internationaux. J'arrive à trouver des terrains d'entente avec les néocons américains, mais je finis par laisser choir la discussion avec le nazi belge.
    En 2006, c'est la guerre entre le Liban et Israël. Il se trouve que je suis amie DeviantArt avec deux libanais, qui racontent les bombardements de Beyrouth dans leur journal. Je créée un sujet sur le forum politique pour inviter les DeviantArtists libanais et israéliens à raconter leur version de l'histoire, en me disant que la confrontation peut être intéressante. Une demi-douzaine d'israéliens viennent donner leur version, mais pas de libanais. Plus tard, je lirais un article qui indique que pendant cette guerre, les israéliens ont en masse consulté les blogs des libanais, afin de mieux connaître le situation derrière les lignes. J'ai le sentiment de faire partie de l'Histoire.

    Je dessine de moins en moins, ma vie réelle tend à s'animer (ce qui me laisse moins disponible pour ma vie en ligne) et mes centres d'intérêt changent. Je déserte quelque peu les forums DeviantArt pour aller sur le forums d'IMDb où je peux discuter de façon plus précise mes adorations cinématographiques. Je suranalyse, entre autres, la Ligne Rouge et les Infiltrés. Je découvre aussi le forum Citizen Kane, qui a un fonctionnement très amusant : comme Citizen Kane est cité comme le meilleur film américain par la liste proposée par l'American Film Institute, son forum accueille quotidiennement des messages de grands esprits qui clament haut et fort qu'il l'on vu, et qu'il est surévalué. Du coup, la communauté des habitués s'est adaptée : leur quotidien est de faire des rebuffades inventives puis de court-circuiter le discussion pour discuter des derniers films qu'ils ont vu. Je me mêle à eux et je prends plein de références. Plus tard, nous nous ferons recruter sur un forum de "réfugiés" du forum musique d'IMDb dont le modérateur invite en VIP les gens dont il apprécie les contributions. L'ambiance y est très bonne et très internationale : il y a des américains, des anglais, des néérlandais, des australiens, des israéliens, etc. Je lis ce que racontent mes amies américaines qui se demandent (pour les plus jeunes) si cela vaut vraiment le coup de s'endetter à vie pour faire des études supérieures ou (pour les plus âgées) comment faire pour continuer des études avec la somme de dettes qu'elles ont accumulées et je me dis que le système des études supérieures américain marche sur la tête.

    Depuis, ma vie réelle a décidément pris plus d'ampleur. Je lis toujours des sites américains, mais je vais beaucoup moins sur les forums.

    Bilan de ces années ? Je lis et j'écris désormais en anglais couramment (pour le parler, c'est plus compliqué), mes capacités en dessin ont augmenté, mes capacités en argumentation se sont très fortement blindées, ce qui m'a servi à beaucoup de reprises par la suite. J'ai le sentiment que grâce à mes débats sans fins avec mes américains, je sais mieux ouvrir le débat et donner leur chance à des idées contradictoires, sans préjuger de leur intérêt - et j'ai le sentiment que c'est important. Je pense que ma vision du monde est plus nuancée que si j'avais évolué sans cela. Et puis j'ai gardé de cela une notion assez intuitive de la façon dont peuvent fonctionner les forums et les communautés, qui me sert, en fait, dans ma vie professionnelle. Quand je lis l'Encyclopedia Dramatica, je trouve des tas de forums, d'éléments ou de gens que j'ai pu côtoyer en vrai. Et ça, c'est cool.

  •  - Par Julielm

    1999, j'ai 15 ans, j'obtiens pour la première fois ma connexion Internet et c'est partie pour une grande histoire d'amour.

    Premier centre d'intérêt à explorer : les jeux vidéos. J'explore le web français que je trouve, à l'époque, plutôt limité. Mais je tombe par la suite sur les sites (en anglais) du web Américain et, oh joie, il y a des communautés autour de mes jeux préférés. Je me mets à correspondre avec une Américaine, dont j'ai trouvé les coordonnées sur un site, qui m'introduit sur un forum antique (à l'époque, pas de sujets, toutes les interventions sont postées à la suite). Dans les débuts, c'est plutôt laborieux, mon anglais est limité et je me contente de beaucoup parler de fromage (frenchitude oblige). Mais voilà une motivation énorme pour apprendre l'anglais. Mes notes en la matière, plutôt moyennes depuis le début du collège, commencent à augmenter : j'apprends les listes de verbes irréguliers avec délice.
    Par ailleurs je me rends compte que tous ces gens-là dessinent, et que de bien dessiner est une source de prestige certaine. ça tombe bien, j'aime bien dessiner. Je me mets à produire en masse, m'inspirant au fil des années de mes admirations successives. Je créée mon premier site (sur Publisher, idée idiote).

    Notre forum antique finit par être fermé, et un de mes bons amis (qui, il se trouve, tient un des fansites les plus importants sur le jeu vidéo qui nous intéresse) créée son forum (un BB Board). J'y suis dès le premier jour : ce sera ma base arrière sur Internet pendant plusieurs années.
    Le forum dans lequel je suis fédère sa propre communauté : nous vivons des aventures formidables, créant l'événement autour des bonnes idées des uns et des autres (une bonne idée de ma part : je découvre que de créer des smilies, c'est simple, j'en customize plein puis je me mets en tête d'en créer à l'effigie des avatar de mes amis. Succès fou.)
    En discutant de tout, nous en venons aussi à discuter politique : en 2002, lors de la guerre en Irak, je suis française, je suis contre, évidemment ; je me rends compte que la moitié de mes amis américains sont pour. S'ensuivent de longues argumentations. Au fil de ces discussions, je fait une découverte qui change ma vie : je me rends compte que mes amis américains baignent dans un univers médiatique extrêmement différent du mien, et que, compte tenu des informations qu'ils reçoivent, il est logique qu'ils puissent arriver à des conclusions qui me paraissent inconcevables. Je ne change pas d'avis sur la guerre en Irak - mais je regarde avec plus de méfiance depuis les limites de mon univers médiatique et je m'énerve désormais quand on me tient des discours du type "ils sont fous ces américains".
    Nous nous plumons également sur le conflit Israël-Palestine (nous sommes en plein pendant la seconde intifada) et je me fais notamment traiter de nazie par un ami juif américain parce que le proteste contre le couvre-feu imposé dans les territoires. Plus tard, sur AIM, nous réglerons nos différents et négocierons avec succès la paix au Moyen-Orient (j'arrête le terrorisme, il démantèle les colonies).

    Au fil du temps, notre forum devient un peu un repaire de trolls. A un moment, nous sommes attaqués par un faux culte, les "genos", prônant l'uniformité. En fait, il s'agit de représentants des forums SomethingAwful. On s'énerve un peu avant de remonter la piste.
    Sinon, le forum génère ses propres trolls au fur et à mesure que les habitués vieillissent, alors que les nouveaux sont toujours aussi naïfs. Je ne fais pas dans le troll, ce n'est pas mon style (dans la typologie des flamewarriors, je me positionne plutôt entre le "philosophe" et l'"ent") - mais je m'entend bien avec nos trolls. Déjà, il y en a un certain nombre que je connais depuis leur période non-troll. Ensuite, nos trolls s'attaquent généralement aux forumeurs politiquement conservateurs sans imagination : nous sommes donc alliés objectifs (c'est que je n'ai pas arrêté de discuter politique...).

    Mais mon forum arrive quand même en fin de vie, mon intérêt pour les jeux vidéos s'amenuise, et je migre de plus en plus sur les forums de DeviantArt. Il se trouve que j'ai continué à dessiner, et que j'ai donc écumé toutes les galeries en ligne pour mettre mes dessins en ligne. DeviantArt, c'est un aboutissement : on peut tout faire là dessus, commenter les dessins, avoir des amis, faire des favoris... Toutes les attentes auxquelles ne répondaient que partiellement les galeries que j'ai pu fréquenter avant. Je fréquente activement le forum cinéma, le forum livre, et le forum politique. Là aussi, je discute politique avec mes interlocuteurs internationaux. J'arrive à trouver des terrains d'entente avec les néocons américains, mais je finis par laisser choir la discussion avec le nazi belge.
    En 2006, c'est la guerre entre le Liban et Israël. Il se trouve que je suis amie DeviantArt avec deux libanais, qui racontent les bombardements de Beyrouth dans leur journal. Je créée un sujet sur le forum politique pour inviter les DeviantArtists libanais et israéliens à raconter leur version de l'histoire, en me disant que la confrontation peut être intéressante. Une demi-douzaine d'israéliens viennent donner leur version, mais pas de libanais. Plus tard, je lirais un article qui indique que pendant cette guerre, les israéliens ont en masse consulté les blogs des libanais, afin de mieux connaître le situation derrière les lignes. J'ai le sentiment de faire partie de l'Histoire.

    Je dessine de moins en moins, ma vie réelle tend à s'animer (ce qui me laisse moins disponible pour ma vie en ligne) et mes centres d'intérêt changent. Je déserte quelque peu les forums DeviantArt pour aller sur le forums d'IMDb où je peux discuter de façon plus précise mes adorations cinématographiques. Je suranalyse, entre autres, la Ligne Rouge et les Infiltrés. Je découvre aussi le forum Citizen Kane, qui a un fonctionnement très amusant : comme Citizen Kane est cité comme le meilleur film américain par la liste proposée par l'American Film Institute, son forum accueille quotidiennement des messages de grands esprits qui clament haut et fort qu'il l'on vu, et qu'il est surévalué. Du coup, la communauté des habitués s'est adaptée : leur quotidien est de faire des rebuffades inventives puis de court-circuiter le discussion pour discuter des derniers films qu'ils ont vu. Je me mêle à eux et je prends plein de références. Plus tard, nous nous ferons recruter sur un forum de "réfugiés" du forum musique d'IMDb dont le modérateur invite en VIP les gens dont il apprécie les contributions. L'ambiance y est très bonne et très internationale : il y a des américains, des anglais, des néérlandais, des australiens, des israéliens, etc. Je lis ce que racontent mes amies américaines qui se demandent (pour les plus jeunes) si cela vaut vraiment le coup de s'endetter à vie pour faire des études supérieures ou (pour les plus âgées) comment faire pour continuer des études avec la somme de dettes qu'elles ont accumulées et je me dis que le système des études supérieures américain marche sur la tête.

    Depuis, ma vie réelle a décidément pris plus d'ampleur. Je lis toujours des sites américains, mais je vais beaucoup moins sur les forums.

    Bilan de ces années ? Je lis et j'écris désormais en anglais couramment (pour le parler, c'est plus compliqué), mes capacités en dessin ont augmenté, mes capacités en argumentation se sont très fortement blindées, ce qui m'a servi à beaucoup de reprises par la suite. J'ai le sentiment que grâce à mes débats sans fins avec mes américains, je sais mieux ouvrir le débat et donner leur chance à des idées contradictoires, sans préjuger de leur intérêt - et j'ai le sentiment que c'est important. Je pense que ma vision du monde est plus nuancée que si j'avais évolué sans cela. Et puis j'ai gardé de cela une notion assez intuitive de la façon dont peuvent fonctionner les forums et les communautés, qui me sert, en fait, dans ma vie professionnelle. Quand je lis l'Encyclopedia Dramatica, je trouve des tas de forums, d'éléments ou de gens que j'ai pu côtoyer en vrai. Et ça, c'est cool.

  •  - Par Anonyme

    J'ai écrit il y a quelques temps un article décrivant la façon dont toute une génération (dont je fais partie) a grandi en faisant l'expérience des forums et des communautés en ligne, et de leurs modes de fonctionnement, et se reconnaît, du coup, dans les pratiques des Anonymous.
    Comme c'est proche du sujet de la collecte, je me permets (immodestement) de le partager.

  •  - Par Anonyme

    J'ai écrit il y a quelques temps un article décrivant la façon dont toute une génération (dont je fais partie) a grandi en faisant l'expérience des forums et des communautés en ligne, et de leurs modes de fonctionnement, et se reconnaît, du coup, dans les pratiques des Anonymous.
    Comme c'est proche du sujet de la collecte, je me permets (immodestement) de le partager.

  •  - Par Anonyme

    J'ai écrit il y a quelques temps un article décrivant la façon dont toute une génération (dont je fais partie) a grandi en faisant l'expérience des forums et des communautés en ligne, et de leurs modes de fonctionnement, et se reconnaît, du coup, dans les pratiques des Anonymous.
    Comme c'est proche du sujet de la collecte, je me permets (immodestement) de le partager.

  •  - Par Anonyme

    J'ai écrit il y a quelques temps un article décrivant la façon dont toute une génération (dont je fais partie) a grandi en faisant l'expérience des forums et des communautés en ligne, et de leurs modes de fonctionnement, et se reconnaît, du coup, dans les pratiques des Anonymous.
    Comme c'est proche du sujet de la collecte, je me permets (immodestement) de le partager.

  •  - Par Anonyme

    1993. Quelques mois avant la fin de mes études, mon IUT d’informatique se connecte enfin à Renater. Avec la petite poignée de geeks qui préfèrent les écrans aux sorties étudiantes, nous découvrons Archie, un moteur de recherche de codes sources hébergés sur des serveurs FTP. Nous commençons à télécharger Internet. On télécharge des archives sans savoir ce qu’elles contiennent, on se bat avec les Makefile pour les compiler sur la saveur d’UNIX de notre fac, on lance les programmes et on découvre Gopher, une sorte d’Archie graphique, qui permet de visualiser directement le contenu de certains fichiers et de se promener de serveur en serveur en cliquant sur des liens. Mosaic, un client pour le World Wide Web, qui à l’époque semblait se limiter au site du CERN. Usenet, et les groupes où on télécharge des compilations de blagues sur les éléphants, les hamsters… Les chats n’avaient pas encore pris le pouvoir à l’époque. Et IRC, qui à cette époque me semble bien moins convivial que les salons du Minitel où je passais mes nuits à papoter.

    1997. Je m’inscris en cours du soir au CNAM, uniquement pour accéder à Internet depuis les salles au sous-sol du Conservatoire des Arts et Métiers. J’y passe quelques heures chaque samedi, étoffe ma culture musicale et cinématographique en parcourant les newsgroups et imprimant sur les grosses imprimantes à listing des compilations d’articles.

    1999. Nerim lance de l’ADSL grand public. J’ai enfin vraiment Internet chez moi, je découvre les sites du Mini-Rézo, crée ma première page perso sur Multimania puis Altern. Je me met au développement d’un site pour un copain, puis d’un autre… L’époque est à l’utopie, le Net n’est déjà plus un petit paradis fréquenté uniquement par quelques explorateurs, mais il y souffle un grand vent de liberté et de créativité. Quelque chose de nouveau se construit ici, tout est à inventer. Et tout s’invente. J’assiste de loin à la création d’un des premiers logiciels qui a permis à tout le monde de créer un site sans rien connaître en informatique, SPIP. Je découvre le projet Mozilla. Je me politise à mesure que les politiques viennent fourrer leur gros nez dans mon jardin à coup de lois stupides, LOPSI, LCEN…

    2013. Je suis développeur Web, investi dans Mozilla, accroc aux flux RSS, à Twitter, IRC et je me prend un gros coup de vieux en découvrant sur 3615 Internet les gueules d’anciens combattants de toutes ces figures mythiques de l’âge d’or des 90’s. C’est à peine si à l’époque je les ai croisés au détour d’une manif pour Altern, autour d’un verre lorsque s’inventait la relève des hébergeurs libres ou se créaient d’éphémères associations de défense des libertés en ligne.

    Et je vous suis extrêmement reconnaissant pour cette occasion d’écrire une contre-histoire. Parce que les valeurs qui animaient les dinosaures sur NNTP, les combats de cette petite poignée de geeks centre les premières tentatives de museler le réseau, la richesse des fanzines du Mini-Rézo, tout cela n’a que 15 ans mais est déjà très largement oublié. C’est pourtant de là que l’on vient, cela qui a façonné le réseau que l’on connait aujourd’hui. Merci d’éviter que notre histoire sombre dans l’oubli.

  •  - Par Anonyme  via telerama

    1995, première œuvre consultée en ligne : un Picasso qui mets des heures à s'afficher sur mon Mac... Et moi tellement heureuse d'accéder ainsi à mon peintre préfèré...

  •  - Par Anonyme  via telerama

    1995, première œuvre consultée en ligne : un Picasso qui mets des heures à s'afficher sur mon Mac... Et moi tellement heureuse d'accéder ainsi à mon peintre préfèré...

  •  - Par Anonyme  via telerama

    1995, première œuvre consultée en ligne : un Picasso qui mets des heures à s'afficher sur mon Mac... Et moi tellement heureuse d'accéder ainsi à mon peintre préfèré...

  •  - Par Anonyme  via telerama

    1995, première œuvre consultée en ligne : un Picasso qui mets des heures à s'afficher sur mon Mac... Et moi tellement heureuse d'accéder ainsi à mon peintre préfèré...

  •  - Par Anonyme  via telerama

    1995, première œuvre consultée en ligne : un Picasso qui mets des heures à s'afficher sur mon Mac... Et moi tellement heureuse d'accéder ainsi à mon peintre préfèré...

  •  - Par Christelle

    Novembre 2006.
    Pas d'Internet au travail depuis une semaine maintenant et donc nul accès à notre messagerie professionnelle, un accès plus que fluctuant à la maison mais c'est apparemment le cas dans à peu près toute la Syrie en ce moment...
    C'est donc l'éternel sketche de la navigation à l'Internet-Café qui recommence...
    De beaux moments d'analyse sociologique en perspective... Davantage que des Web-Café, ces endroits mériteraient d'être renommés "Skype-Café", "chat-Café" ou "Café-rencontres"... : le rendez-vous de tous les minets et de toutes les minettes qui dialoguent sans grande discrétion avec le sexe opposé, le plus souvent généralement en langue anglaise...
    Si ces jeunes filles innocentes derrière leur écran voyaient le tableau ici : dans un brouillard nicotinien, des fashion-victims ultra gominés font leurs courses -parfois à plusieurs d'ailleurs - dans le grand supermarché des filles en maillot en ligne avec force de commentaires et de ricanements...
    Quant aux jeunes syriennes -vous vous en doutez- elles ne sont évidemment pas en reste et ne sont pas les dernières à donner de la voix dans cette atmosphère enfumée.

  •  - Par Christelle

    Novembre 2006.
    Pas d'Internet au travail depuis une semaine maintenant et donc nul accès à notre messagerie professionnelle, un accès plus que fluctuant à la maison mais c'est apparemment le cas dans à peu près toute la Syrie en ce moment...
    C'est donc l'éternel sketche de la navigation à l'Internet-Café qui recommence...
    De beaux moments d'analyse sociologique en perspective... Davantage que des Web-Café, ces endroits mériteraient d'être renommés "Skype-Café", "chat-Café" ou "Café-rencontres"... : le rendez-vous de tous les minets et de toutes les minettes qui dialoguent sans grande discrétion avec le sexe opposé, le plus souvent généralement en langue anglaise...
    Si ces jeunes filles innocentes derrière leur écran voyaient le tableau ici : dans un brouillard nicotinien, des fashion-victims ultra gominés font leurs courses -parfois à plusieurs d'ailleurs - dans le grand supermarché des filles en maillot en ligne avec force de commentaires et de ricanements...
    Quant aux jeunes syriennes -vous vous en doutez- elles ne sont évidemment pas en reste et ne sont pas les dernières à donner de la voix dans cette atmosphère enfumée.

  •  - Par Christelle

    Novembre 2006.
    Pas d'Internet au travail depuis une semaine maintenant et donc nul accès à notre messagerie professionnelle, un accès plus que fluctuant à la maison mais c'est apparemment le cas dans à peu près toute la Syrie en ce moment...
    C'est donc l'éternel sketche de la navigation à l'Internet-Café qui recommence...
    De beaux moments d'analyse sociologique en perspective... Davantage que des Web-Café, ces endroits mériteraient d'être renommés "Skype-Café", "chat-Café" ou "Café-rencontres"... : le rendez-vous de tous les minets et de toutes les minettes qui dialoguent sans grande discrétion avec le sexe opposé, le plus souvent généralement en langue anglaise...
    Si ces jeunes filles innocentes derrière leur écran voyaient le tableau ici : dans un brouillard nicotinien, des fashion-victims ultra gominés font leurs courses -parfois à plusieurs d'ailleurs - dans le grand supermarché des filles en maillot en ligne avec force de commentaires et de ricanements...
    Quant aux jeunes syriennes -vous vous en doutez- elles ne sont évidemment pas en reste et ne sont pas les dernières à donner de la voix dans cette atmosphère enfumée.

  •  - Par Christelle

    Novembre 2006.
    Pas d'Internet au travail depuis une semaine maintenant et donc nul accès à notre messagerie professionnelle, un accès plus que fluctuant à la maison mais c'est apparemment le cas dans à peu près toute la Syrie en ce moment...
    C'est donc l'éternel sketche de la navigation à l'Internet-Café qui recommence...
    De beaux moments d'analyse sociologique en perspective... Davantage que des Web-Café, ces endroits mériteraient d'être renommés "Skype-Café", "chat-Café" ou "Café-rencontres"... : le rendez-vous de tous les minets et de toutes les minettes qui dialoguent sans grande discrétion avec le sexe opposé, le plus souvent généralement en langue anglaise...
    Si ces jeunes filles innocentes derrière leur écran voyaient le tableau ici : dans un brouillard nicotinien, des fashion-victims ultra gominés font leurs courses -parfois à plusieurs d'ailleurs - dans le grand supermarché des filles en maillot en ligne avec force de commentaires et de ricanements...
    Quant aux jeunes syriennes -vous vous en doutez- elles ne sont évidemment pas en reste et ne sont pas les dernières à donner de la voix dans cette atmosphère enfumée.

  • Et pendant ce temps-là, le CNRS organise un séminaire sur les "Histoires de l'internet", de Cyclades aux sites de rencontre en passant par Usenet : les compte-rendus ne sont pas toujours très denses, mais y'a tout plein de noms de pionniers... et de chercheurs.

  •  - Par Anonyme

    Avant l’internet je ne comptais pas mes amis,
    Maintenant il y a Facebook.

    Avant l’internet je regardais La Sept grâce à une antenne râteau,
    Maintenant il y a Arte sur l’ADSL.

    Avant l’internet je volais des revues érotiques chez le libraire,
    Maintenant il y a des sites super.

    Avant l’internet je me guidais en ville grâce à un plan,
    Maintenant il y a Mappy.

    Avant l’internet j’achetais des disques chez mon disquaire et je copiais des vinyles sur cassette,
    Maintenant il y a iTunes et BitTorrent.

    Avant l’internet je jouais à Tetris sur ma Game Boy,
    Maintenant j’y joue en ligne.

    Avant l’internet j’écrivais des lettres,
    Maintenant j’envoie des courriels.

    Avant l’internet je draguais des filles dans la rue, les bars,
    Maintenant je tchate sous un pseudo.

    Avant l’internet, je rêvais d’un genre d’outil qui me permettrait de répondre à toutes mes questions,
    Maintenant…, il y a l’internet.

    En 1990, j’écoutais Jean Leloup, je faisais des anagrammes sans générateur, je buvais de l’alcool sans modération, je regardais Twin Peaks sur VHS, j’insultais les gens en face, j’avais moins mal aux yeux, je connaissais moins de types qui s’appelaient Kevin, les trolls ne surgissaient que dans les jeux de rôle, je galérais pour insérer une prise péritel au dos de ma télé, je jouais aux jeux vidéo sur un micro-ordinateur de 64Ko de RAM, à l’aide d’un joystick, et je me moquais des PC, qui selon moi n’avaient aucun avenir...

    En fait aujourd’hui, je fais toujours à peu près les mêmes choses qu’avant l’internet, la seule différence, c’est que ces choses s’opèrent plus vite.
    Et je m’ennuie toujours autant le dimanche soir.

  • Comment CaraMail a changé ma vie sociale.

    Habituée des colonies de vacances, je gardais contact avec mes copains de façon épistolaire. Pas vraiment d’autres choix, car le 3310 n’était pas à la portée de ma bourse.

    C’était tout un rituel, mais le temps écoulé entre écrire et recevoir une réponse pouvait prendre des semaines. Trop frustrant. Quand un jour, mes parents sont revenus de courses, ont rangé le Minitel qui trônait dans le salon, et l’on remplacé par UN ORDINATEUR.
    Et dans cet ordi, il y avait..... CARAMAIL.

    La merveilleuse, l’unique (violons) messagerie instantanée des années 2000, espace ultime de liberté virtuelle.
    Création de pseudo un peu marrants, utilisation abusive des émoticônes, réponse instantanée de personnes qui se trouvaient à des centaines de kilomètres : c’était trop beau ! Entre messages coquins du soir et blagues à propos des prof ou de l’école, rumeurs sur les interros du lendemain, CaraMail a été le lieu d’expression privilégié de ma génération, une sorte de magie opérait dès que l’on s’y connectait.
    On pouvait se mettre à nu en parlant des heures et en même temps, conserver une part de mystère puisqu’il n’y avait pas encore le partage de photos en ligne. Je me souviens de l’excitation que je ressentais à l’idée de retrouver tous mes copains dès que je rentrais des cours, réunis en un seul et même endroit.

    C’était en 2003, j’avais 14 ans et j’allais devenir déléguée de classe, devinez grâce à qui.

  • Comment CaraMail a changé ma vie sociale.

    Habituée des colonies de vacances, je gardais contact avec mes copains de façon épistolaire. Pas vraiment d’autres choix, car le 3310 n’était pas à la portée de ma bourse.

    C’était tout un rituel, mais le temps écoulé entre écrire et recevoir une réponse pouvait prendre des semaines. Trop frustrant. Quand un jour, mes parents sont revenus de courses, ont rangé le Minitel qui trônait dans le salon, et l’on remplacé par UN ORDINATEUR.
    Et dans cet ordi, il y avait..... CARAMAIL.

    La merveilleuse, l’unique (violons) messagerie instantanée des années 2000, espace ultime de liberté virtuelle.
    Création de pseudo un peu marrants, utilisation abusive des émoticônes, réponse instantanée de personnes qui se trouvaient à des centaines de kilomètres : c’était trop beau ! Entre messages coquins du soir et blagues à propos des prof ou de l’école, rumeurs sur les interros du lendemain, CaraMail a été le lieu d’expression privilégié de ma génération, une sorte de magie opérait dès que l’on s’y connectait.
    On pouvait se mettre à nu en parlant des heures et en même temps, conserver une part de mystère puisqu’il n’y avait pas encore le partage de photos en ligne. Je me souviens de l’excitation que je ressentais à l’idée de retrouver tous mes copains dès que je rentrais des cours, réunis en un seul et même endroit.

    C’était en 2003, j’avais 14 ans et j’allais devenir déléguée de classe, devinez grâce à qui.

  • Comment CaraMail a changé ma vie sociale.

    Habituée des colonies de vacances, je gardais contact avec mes copains de façon épistolaire. Pas vraiment d’autres choix, car le 3310 n’était pas à la portée de ma bourse.

    C’était tout un rituel, mais le temps écoulé entre écrire et recevoir une réponse pouvait prendre des semaines. Trop frustrant. Quand un jour, mes parents sont revenus de courses, ont rangé le Minitel qui trônait dans le salon, et l’on remplacé par UN ORDINATEUR.
    Et dans cet ordi, il y avait..... CARAMAIL.

    La merveilleuse, l’unique (violons) messagerie instantanée des années 2000, espace ultime de liberté virtuelle.
    Création de pseudo un peu marrants, utilisation abusive des émoticônes, réponse instantanée de personnes qui se trouvaient à des centaines de kilomètres : c’était trop beau ! Entre messages coquins du soir et blagues à propos des prof ou de l’école, rumeurs sur les interros du lendemain, CaraMail a été le lieu d’expression privilégié de ma génération, une sorte de magie opérait dès que l’on s’y connectait.
    On pouvait se mettre à nu en parlant des heures et en même temps, conserver une part de mystère puisqu’il n’y avait pas encore le partage de photos en ligne. Je me souviens de l’excitation que je ressentais à l’idée de retrouver tous mes copains dès que je rentrais des cours, réunis en un seul et même endroit.

    C’était en 2003, j’avais 14 ans et j’allais devenir déléguée de classe, devinez grâce à qui.

  • Comment CaraMail a changé ma vie sociale.

    Habituée des colonies de vacances, je gardais contact avec mes copains de façon épistolaire. Pas vraiment d’autres choix, car le 3310 n’était pas à la portée de ma bourse.

    C’était tout un rituel, mais le temps écoulé entre écrire et recevoir une réponse pouvait prendre des semaines. Trop frustrant. Quand un jour, mes parents sont revenus de courses, ont rangé le Minitel qui trônait dans le salon, et l’on remplacé par UN ORDINATEUR.
    Et dans cet ordi, il y avait..... CARAMAIL.

    La merveilleuse, l’unique (violons) messagerie instantanée des années 2000, espace ultime de liberté virtuelle.
    Création de pseudo un peu marrants, utilisation abusive des émoticônes, réponse instantanée de personnes qui se trouvaient à des centaines de kilomètres : c’était trop beau ! Entre messages coquins du soir et blagues à propos des prof ou de l’école, rumeurs sur les interros du lendemain, CaraMail a été le lieu d’expression privilégié de ma génération, une sorte de magie opérait dès que l’on s’y connectait.
    On pouvait se mettre à nu en parlant des heures et en même temps, conserver une part de mystère puisqu’il n’y avait pas encore le partage de photos en ligne. Je me souviens de l’excitation que je ressentais à l’idée de retrouver tous mes copains dès que je rentrais des cours, réunis en un seul et même endroit.

    C’était en 2003, j’avais 14 ans et j’allais devenir déléguée de classe, devinez grâce à qui.

  •  - Par Anonyme

    Je me rappelle lorsque je me suis connectée à Internet pour la première fois. Il me semble que j'avais 13 ans. Mes parents devaient avoir un forfait 10h qui, lorsque je m'y connectais depuis un modem qui faisait des bruits étranges, coupait la ligne téléphonique. D'où les « Sev ! Déconnecte-toi !! Faut que je passe un coup de fil !! » de mes parents.
    C'était du 56K... et je vois aujourd'hui tout le chemin parcouru. Je vois aujourd'hui ces progrès que nous avons fait depuis, je ressens toute la puissance de ce média, ayant depuis choisi le métier d'intégratice web, alors que je percevais déjà jadis toutes les potentialités du web.
    Mais si nous retournions dans le vif du sujet, celui qui nous intéresse, cette époque où je n'avais pas Internet.
    Je vais choisir plutôt un petit peu avant, l'année où je n'avais pas le web, mais où j'en avais lu quelque chose dans un Science et Vie Junior à l'âge de 11 ou 12 ans.
    Il y avait alors un article avec de jeunes ados à peine plus âgés que moi qui disaient : « moi, j'ai Internet ». Je me demandais bien ce que c'était que ce truc qui passait semblait-il par les fils du téléphone, et il me semble bien que je me posais tellement de questions dessus que je n'en ai pas dormi une nuit ou deux ensuite.
    Enfin quoiqu'il en soit, à l'époque, il n'y avait ni Deezer, ni Youtube, ni eMule. Les clips, je les suivais le matin avant d'aller au collège sur M6. Et dès qu'il y avait ce tube qui me prenait aux tripes qu'il me fallait à tout prix, je taxais tout naturellement les CD à mes copines, que j'enregistrais sur K7 audio et que je me passais dans mon cher Walkman ensuite. Jusqu'à 1h30 de musique recto-verso, avec une bande qui s'emmêlait les pinceaux parfois, faisant d'abominables bloup-bloup dans mon casque audio, aaaaah !!! Inutile de dire que j'apprécie désormais pouvoir écouter, à tout moment, un morceau depuis Youtube, avec l'image en prime, dès que j'en ai envie !
    Tiens c'est comme les devoirs à la maison ! Avant, j'allais au CDI, à la bibliothèque du coin, je faisais une recherche dans BCDI et hop, c'était parti la recherche dans des rayons à chercher le passage exact dans des bouquins de 500 pages ! Quand j'y pense, maintenant je tape ça sur Google et Wikipédia et je peux en sortir une thèse !
    Quand je voulais parler à une copine qui avait déménagé à 30 kilomètres (trop loin pour m'y rendre seule à vélo, donc), « j'empruntais » la ligne téléphonique familiale même pas illimitée pendant 2h le mercredi et filais des sueurs froides à mes parents quand ils voyaient la facture ! Maintenant, un coup de Skype, ou bien de téléphonie illimitée et pas d'engueulades ! Vive le progrès !
    Quant aux réseaux sociaux, quelle merveille ! Lorsque j'étais au primaire, j'ai habité en Allemagne. Puis, j'ai déménagé en France, et perdu de vue mes amis, avec qui j'avais entretenu une correspondance épistolaire qui peu à peu s'est essoufflée, jusqu'à devenir finalement inexistante, la faute au coût du timbre et à la flemme d'écrire à la main sans doute... Et en 2008, ô miracle, 15 ans après, j'ai retrouvé tous ces amis qui m'étaient chers, en 5 minutes, grâce à Facebook !
    Qu'Internet prendrait autant de place dans ma vie, que j'y apporterais ma pierre grâce à mon métier, je l'ai d'instinct toujours su. Pour le reste...
    Je pense qu'Internet a révolutionné notre façon d'interagir avec son prochain, dans la vie professionnelle comme dans celle de tous les jours. Je pense également qu'elle génère cette chance pour tout un chacun d'accéder au savoir, ce qui n'était pas forcément possible auparavant. Avec ses aspects positifs comme négatifs : on peut partager de nouvelles découvertes avec le monde scientifique ou s'approprier l'information à la vitesse de l'éclair, comme trouver très aisément la recette d'une petite bombe maison pour anéantir son prochain...
    Mais le progrès a toujours été ambivalent. Chaque découverte, et je pense notamment aux travaux d'Einstein, apportent leurs lots d'actes positifs comme négatifs.
    C'est sûr que lorsque je regarde les enfants d'aujourd'hui, déjà accros aux jeux en ligne, je repense avec une immense nostalgie à l'époque où moi et mes petits camarades passions notre temps dehors à faire du vélo et à construire des cabanes dans les bois, nous amusant de rien. Alors que d'un autre côté, je n'avais pas conscience, comme eux, de l'existence du monde dans sa globalité, car les distances composaient d'immenses frontières qui me paraissaient infranchissables. Et chaque petit jour qui passe aujourd'hui efface ces frontières...
    Ce que je redoute cependant est la rapidité de circulation de l'information, qui grâce à ce médium, est devenue exponentielle. Là où la rumeur villageoise pouvait mettre plusieurs semaines, là, en l'espace de quelques minutes, la force d'Internet peut vous détruire, vous et votre réputation, laissant une trace indélébile. Les exemples ne manquent malheureusement pas...
    La où la mémoire humaine avait ses failles et la capacité de vous oublier, Internet garde une trace de vous, pour la postérité. C'est une mauvaise chose bien sûr, mais si nous en jouions ?
    Mon arrière-grand-père nous a laissés ses chansons, ses pensées dans des carnets que mon père a eu la chance de retrouver. C'est avec une grande surprise et une immense joie que nous avons pu découvrir, imaginer, un jour, l'histoire de quelques instants à Noël, cette personne extraordinaire qu'il était que que nous n'avions jamais connu.
    Et aujourd'hui, grâce à Internet ? Nous avons l'occasion inespérée de transmettre ce à quoi nous ressemblions, notre façon de parler, nos valeurs, notre culture, notre savoir à notre descendance. A nous de ne pas la gâcher, et à nous de l'exploiter le plus dignement possible.

  • "The chilling effect" - Une contre-histoire des Internets - ARTE

    www.youtube.com
    Des étudiants mettant en ligne des paroles de chansons décrit comme des gangs de pirates organisés mondialement, ça c'est de la diabolisation.... Pour télécharger cette vidéos sous Creative Commons : http://download.www.arte.tv/permanent/u1/contre-histoire/FR_MARTIN_4-INTERNETS.mov Et pour découvrir d'autres contre-histoires : http://lesinternets.arte.tv

    Arno Martin se souvient comment l'hébergeur de son site avait décidé d'effacer l'ensemble des fichiers .mp3 de ses hébergés, et donc aussi... les .mp3 de la musique d'Arno. C'est bien connu : un .mp3, ça ne peut être que de la contrefaçon, les internautes ne composent pas, eux.

  • "The chilling effect" - Une contre-histoire des Internets - ARTE

    www.youtube.com
    Des étudiants mettant en ligne des paroles de chansons décrit comme des gangs de pirates organisés mondialement, ça c'est de la diabolisation.... Pour télécharger cette vidéos sous Creative Commons : http://download.www.arte.tv/permanent/u1/contre-histoire/FR_MARTIN_4-INTERNETS.mov Et pour découvrir d'autres contre-histoires : http://lesinternets.arte.tv

    Arno Martin se souvient comment l'hébergeur de son site avait décidé d'effacer l'ensemble des fichiers .mp3 de ses hébergés, et donc aussi... les .mp3 de la musique d'Arno. C'est bien connu : un .mp3, ça ne peut être que de la contrefaçon, les internautes ne composent pas, eux.

  • "The chilling effect" - Une contre-histoire des Internets - ARTE

    www.youtube.com
    Des étudiants mettant en ligne des paroles de chansons décrit comme des gangs de pirates organisés mondialement, ça c'est de la diabolisation.... Pour télécharger cette vidéos sous Creative Commons : http://download.www.arte.tv/permanent/u1/contre-histoire/FR_MARTIN_4-INTERNETS.mov Et pour découvrir d'autres contre-histoires : http://lesinternets.arte.tv

    Arno Martin se souvient comment l'hébergeur de son site avait décidé d'effacer l'ensemble des fichiers .mp3 de ses hébergés, et donc aussi... les .mp3 de la musique d'Arno. C'est bien connu : un .mp3, ça ne peut être que de la contrefaçon, les internautes ne composent pas, eux.

  • "The chilling effect" - Une contre-histoire des Internets - ARTE

    www.youtube.com
    Des étudiants mettant en ligne des paroles de chansons décrit comme des gangs de pirates organisés mondialement, ça c'est de la diabolisation.... Pour télécharger cette vidéos sous Creative Commons : http://download.www.arte.tv/permanent/u1/contre-histoire/FR_MARTIN_4-INTERNETS.mov Et pour découvrir d'autres contre-histoires : http://lesinternets.arte.tv

    Arno Martin se souvient comment l'hébergeur de son site avait décidé d'effacer l'ensemble des fichiers .mp3 de ses hébergés, et donc aussi... les .mp3 de la musique d'Arno. C'est bien connu : un .mp3, ça ne peut être que de la contrefaçon, les internautes ne composent pas, eux.

  •  - Par Anonyme

    Bidouilleur (on dit hacker maintenant mais ça m'est passé !) j'ai connecté mon premier PC au ... minitel en 1991 pour télécharger les programmes, rejoindre quelques "sites" de passionnés de microprocesseurs, de domotique. C'était passionnant mais si lent...
    J'ai attendu 1997 je crois pour mon premier forfait 5 heures. Mais ça allait bien plus vite au boulot et j'ai découvert le monde du logiciel libre (LINUX etc.) Les documents disponibles en ligne dans tous les domaines ont alimenté mes lectures. On partage enfin sans notion de temps ou de distance. J'ai trouvé dans le oueb ce qui manquait au minitel : la vitesse , les moteurs de recherche, l'affichage haute définition. Maintenant il y a le son, la video. Que vont-ils inventer demain ?

  •  - Par Anonyme

    Bidouilleur (on dit hacker maintenant mais ça m'est passé !) j'ai connecté mon premier PC au ... minitel en 1991 pour télécharger les programmes, rejoindre quelques "sites" de passionnés de microprocesseurs, de domotique. C'était passionnant mais si lent...
    J'ai attendu 1997 je crois pour mon premier forfait 5 heures. Mais ça allait bien plus vite au boulot et j'ai découvert le monde du logiciel libre (LINUX etc.) Les documents disponibles en ligne dans tous les domaines ont alimenté mes lectures. On partage enfin sans notion de temps ou de distance. J'ai trouvé dans le oueb ce qui manquait au minitel : la vitesse , les moteurs de recherche, l'affichage haute définition. Maintenant il y a le son, la video. Que vont-ils inventer demain ?

  •  - Par Anonyme

    Bidouilleur (on dit hacker maintenant mais ça m'est passé !) j'ai connecté mon premier PC au ... minitel en 1991 pour télécharger les programmes, rejoindre quelques "sites" de passionnés de microprocesseurs, de domotique. C'était passionnant mais si lent...
    J'ai attendu 1997 je crois pour mon premier forfait 5 heures. Mais ça allait bien plus vite au boulot et j'ai découvert le monde du logiciel libre (LINUX etc.) Les documents disponibles en ligne dans tous les domaines ont alimenté mes lectures. On partage enfin sans notion de temps ou de distance. J'ai trouvé dans le oueb ce qui manquait au minitel : la vitesse , les moteurs de recherche, l'affichage haute définition. Maintenant il y a le son, la video. Que vont-ils inventer demain ?

  •  - Par Anonyme

    Bidouilleur (on dit hacker maintenant mais ça m'est passé !) j'ai connecté mon premier PC au ... minitel en 1991 pour télécharger les programmes, rejoindre quelques "sites" de passionnés de microprocesseurs, de domotique. C'était passionnant mais si lent...
    J'ai attendu 1997 je crois pour mon premier forfait 5 heures. Mais ça allait bien plus vite au boulot et j'ai découvert le monde du logiciel libre (LINUX etc.) Les documents disponibles en ligne dans tous les domaines ont alimenté mes lectures. On partage enfin sans notion de temps ou de distance. J'ai trouvé dans le oueb ce qui manquait au minitel : la vitesse , les moteurs de recherche, l'affichage haute définition. Maintenant il y a le son, la video. Que vont-ils inventer demain ?

  • Écrire et pouvoir être lu - Une contre-histoire des Internets - ARTE

    www.youtube.com
    Uploaded by ARTE on 2013-05-01.

    Pour Laurence Allard (@laurenceallard), grâce à l'Internet, les chercheurs peuvent enfin être lus... et pas que par d'autres chercheurs.

  •  - Par -temto.

    Un "must-see" en ligne depuis 2002 (et l'avènement des animations Macromedia™ Flash):
    - David Clark's "A is for Apple."
    http://www.aisforapple.net/main.htm

  •  - Par -temto.

    Un "must-see" en ligne depuis 2002 (et l'avènement des animations Macromedia™ Flash):
    - David Clark's "A is for Apple."
    http://www.aisforapple.net/main.htm

  •  - Par -temto.

    Un "must-see" en ligne depuis 2002 (et l'avènement des animations Macromedia™ Flash):
    - David Clark's "A is for Apple."
    http://www.aisforapple.net/main.htm

  •  - Par -temto.

    Un "must-see" en ligne depuis 2002 (et l'avènement des animations Macromedia™ Flash):
    - David Clark's "A is for Apple."
    http://www.aisforapple.net/main.htm

  •  - Par -temto.

    Un "must-see" en ligne depuis 2002 (et l'avènement des animations Macromedia™ Flash):
    - David Clark's "A is for Apple."
    http://www.aisforapple.net/main.htm

  •  - Par Anonyme

    J'ai découvert Internet en 1998, à mon entrée au collège, sur une ligne ISDN au débit (impressionant pour l'époque) de 13 Kbits/s. Si l'on sentait qu'une mine d'informations s'ouvrait à nous, encore fallait-il dénicher l'info. Google n'existait pas et la recherche sur les nombreux annuaires et moteurs était laborieuse, pour des résultats souvent médiocres. Une entreprise canadienne avait tenté de remédier à ce problème en proposant un logiciel, Copernic, qui lançait des recherches simultanément sur une multitude de moteurs puis recoupait les résultats. C'était lent, mais efficace. Quatre ans plus tard, je suis lycéen et découvre Google... Adieu Copernic !

  •  - Par Anonyme

    Un jour en 2006 j'ai commencé à contribuer à Wikipédia, par pure curiosité, parce que je cherchais un article, des renseignements et qu'ils n'y étaient pas. Je comprenais que tout ça, ça ne devait pas sortir de nulle part ? J'ai fureté, vu les pages de discussion... et donc les pseudonymes. Les contributeurs, pouvais-je en faire partie ? Je n'ai pas hésité, j'ai créé un compte, me suis trouvé un pseudonyme, et ait traduit et créé mes premiers articles avec le sentiment d'aider les autres personnes (peu nombreuses mais existantes !) qui feraient des recherches sur le même sujet aujourd'hui ou demain.

    Et puis j'ai dû abandonner à cause d'études fort prenantes. Depuis janvier 2012 j'ai recommencé et j'ai écrit d'autres articles : un article promu bon contenu, une quarantaine d'articles créés sur des espèces de plantes, d'animaux, sur des phénomènes physiques, des biographies. Des exemples d'articles que j'ai "commis" ? Lentille à gradient d'indice, Lepidium latifolium, Verre mercuré, Kōshin. Pourquoi je le fais et pourquoi je continue ? Parce qu'il y a tant de sujets qui méritent qu'on s’attarde dessus. Je le fais pour moi, pour satisfaire ma curiosité et parce qu'une encyclopédie en ligne est une aubaine pour traiter de tout. Parce que je pose une pierre. Un jour, je mourrai et on ne se souviendra pas de moi, mais un peu de moi restera dans la connaissance que j'ai cherché à distribuer avec tant d'autres...

  •  - Par Anonyme

    Des sites web, j'en ai fait quelques uns. Ainsi que des forums, et aussi des blogs.
    D'abord, il y a eu ce site/forum pour jeunes auteurs, où nous postions nos textes et échangions autour. C'était pointfinal.fr.st, puis pointfinal.net, maintenant disparu.
    En même temps, je créais mon site dédié à la série Stargate SG1, qui n'est pas resté en ligne bien longtemps. C'est là, à la fin du collège et au début lycée, que j'ai appris le html, puis le php et sql.
    Ensuite, il y a eu les blogs où je racontais mes voyages en Mongolie puis en Corée. Le but : donner des nouvelles à mes proches, et raconter des anecdotes pour ceux que ça pouvait intéresser. Puis un blog pour poster les textes que j'écrivais.
    Maintenant, grâce à toutes ces expériences je me suis transformée en community manager freelance. J'ai un nom de domaine sous forme nompremon.com (j'en aurais rêvé il y a quelques années). C'est à la fois ma vitrine et mon blog. Ma façon de bloguer a bien changé, je ne raconte plus mes petites aventures mais donne mon opinion sur divers aspects de la communication web. Je transmets mes connaissances et donne des conseils pour ceux qui en voudraient. J'apporte ma brique, quoi.

  •  - Par Anonyme

    Des sites web, j'en ai fait quelques uns. Ainsi que des forums, et aussi des blogs.
    D'abord, il y a eu ce site/forum pour jeunes auteurs, où nous postions nos textes et échangions autour. C'était pointfinal.fr.st, puis pointfinal.net, maintenant disparu.
    En même temps, je créais mon site dédié à la série Stargate SG1, qui n'est pas resté en ligne bien longtemps. C'est là, à la fin du collège et au début lycée, que j'ai appris le html, puis le php et sql.
    Ensuite, il y a eu les blogs où je racontais mes voyages en Mongolie puis en Corée. Le but : donner des nouvelles à mes proches, et raconter des anecdotes pour ceux que ça pouvait intéresser. Puis un blog pour poster les textes que j'écrivais.
    Maintenant, grâce à toutes ces expériences je me suis transformée en community manager freelance. J'ai un nom de domaine sous forme nompremon.com (j'en aurais rêvé il y a quelques années). C'est à la fois ma vitrine et mon blog. Ma façon de bloguer a bien changé, je ne raconte plus mes petites aventures mais donne mon opinion sur divers aspects de la communication web. Je transmets mes connaissances et donne des conseils pour ceux qui en voudraient. J'apporte ma brique, quoi.

  •  - Par Anonyme

    Des sites web, j'en ai fait quelques uns. Ainsi que des forums, et aussi des blogs.
    D'abord, il y a eu ce site/forum pour jeunes auteurs, où nous postions nos textes et échangions autour. C'était pointfinal.fr.st, puis pointfinal.net, maintenant disparu.
    En même temps, je créais mon site dédié à la série Stargate SG1, qui n'est pas resté en ligne bien longtemps. C'est là, à la fin du collège et au début lycée, que j'ai appris le html, puis le php et sql.
    Ensuite, il y a eu les blogs où je racontais mes voyages en Mongolie puis en Corée. Le but : donner des nouvelles à mes proches, et raconter des anecdotes pour ceux que ça pouvait intéresser. Puis un blog pour poster les textes que j'écrivais.
    Maintenant, grâce à toutes ces expériences je me suis transformée en community manager freelance. J'ai un nom de domaine sous forme nompremon.com (j'en aurais rêvé il y a quelques années). C'est à la fois ma vitrine et mon blog. Ma façon de bloguer a bien changé, je ne raconte plus mes petites aventures mais donne mon opinion sur divers aspects de la communication web. Je transmets mes connaissances et donne des conseils pour ceux qui en voudraient. J'apporte ma brique, quoi.

  •  - Par Anonyme

    Des sites web, j'en ai fait quelques uns. Ainsi que des forums, et aussi des blogs.
    D'abord, il y a eu ce site/forum pour jeunes auteurs, où nous postions nos textes et échangions autour. C'était pointfinal.fr.st, puis pointfinal.net, maintenant disparu.
    En même temps, je créais mon site dédié à la série Stargate SG1, qui n'est pas resté en ligne bien longtemps. C'est là, à la fin du collège et au début lycée, que j'ai appris le html, puis le php et sql.
    Ensuite, il y a eu les blogs où je racontais mes voyages en Mongolie puis en Corée. Le but : donner des nouvelles à mes proches, et raconter des anecdotes pour ceux que ça pouvait intéresser. Puis un blog pour poster les textes que j'écrivais.
    Maintenant, grâce à toutes ces expériences je me suis transformée en community manager freelance. J'ai un nom de domaine sous forme nompremon.com (j'en aurais rêvé il y a quelques années). C'est à la fois ma vitrine et mon blog. Ma façon de bloguer a bien changé, je ne raconte plus mes petites aventures mais donne mon opinion sur divers aspects de la communication web. Je transmets mes connaissances et donne des conseils pour ceux qui en voudraient. J'apporte ma brique, quoi.

  • Le premier ordinateur que j'ai utilisé était un Spectrum+2, celui d'un ami de la famille... j'y ai découvert la programation en Basic... Et la copie des jeux par duplication des cassettes audio!
    Quelques années plus tard, sur mon propre PC, mes logiciels étaient pour la plupartdes copies... On n'avait pas Internet, (c'était les année 80, début des année 90) mais les disquettes s'échangeait par boite de 50 ou de 100 dans la cour du collège/lycée ! Et pourtant... les boites des jeux (originaux, payés au prix fort) s'accumulaient sur les étagères.
    Et cette dualité n'a pas changé avec l'arrivée du réseau. Le MP3, puis le DivX ont étendu la pratique à d'autres 'produits'. Nous échangions les MP3 avant Napsters, en copiant en masse les répertoires des potes...

    La pratique s'est étendue à des inconnus lorsque les débits sont devenus suffisants: à l'époque, la bande passante du câble ou de l'ADSL n'étaient réellement utile que si vous pratiquiez le téléchargement... Et curieusement nous étions nombreux à y souscrire... A l'époque, tout le monde téléchargeait sans arrière-pensées, ni dénégations hypocrites.

    Plus tard, quelques années de RMI m'ont permis de confirmer ce que je pressentais: la thèse du manque à gagner est absurde. Jamas je n'aurais acheté ce que j'ai téléchargé pendant cette période: ça aurait représenté 5 ou 10 fois mon revenus global!
    Est-ce que mes dépenses ont baissé à cause du téléchargement? Dans certains secteurs, comme les jeux, oui, je dois l'avouer... A cause de l'argent, des prix, bien sûr. Mais pas seulement: l'offre légale était tellement en retard en termes de qualité, de disponibilité... Les plateformes de jeux en ligne, Steam en tête, ont rétabli l'équilibre, et aujourd'hui mon menu démarrer se partage entre le gratuit (freeware, free2play), le téléchargé et l'acheté.
    J'attend avec impatience un équivalent à ces plateformes pour les séries télé: non seulement les prix sont délirants (calculez le prix d'une saison! calculez le prix à l'heure!) et d'ailleurs même en y mettant des fortunes, aucune offre légale ne supporte la comparaison dans ce domaine: choix extrêmement restreint, en retard d'un voire deux ans...
    L'arrivée de Netflix a prévue pour quand, déjà?

    Après avoir reçu (récemment) ma lettre recommandée de la Hadopi, je me suis évidememment posé la question:
    Ai-je été un pirate? Oui parfois lorsque je décidais de 'ripper' un DVD acheté ou loué pour 'rendre' à la communauté. Un voleur? J'en doute.

    Dernières questions:
    - Pourquoi est-il possible proposer un contenu gratuit à la télévision (rentabilisé par la publicité) et pas sur le Net, alors que la minute de publicités ciblées pourraient se vendre plus cher?
    - Un film holywoodien est supposé être rentabilisé par son exploitation en salle aux Etats-Unis, l'exploitation 'worldwide', les BR, DVD et diffusion ne sont que des bonus... N'y a-t-il pas là une forme d'escroquerie?

  •  - Par Anonyme

    Un blogueur français qui traite de tous les sujets geek&tech, avec un œil critique sur les dérives liberticides bientôt mises en place, et des outils et astuces pour ne pas égarer sa liberté en ligne. Korben.info, c'est le bien !
    Dans la même veine, il est urgent de se mater les Vinvinteurs; un concept hybride à la sauce 2.0 entre émission et série, avec des bouts de cerveau et de rigolade en pagaille. Ca fait du bien. levinvinteur.com

    Internet aussi peut être intelligent.

  •  - Par Anonyme

    Un blogueur français qui traite de tous les sujets geek&tech, avec un œil critique sur les dérives liberticides bientôt mises en place, et des outils et astuces pour ne pas égarer sa liberté en ligne. Korben.info, c'est le bien !
    Dans la même veine, il est urgent de se mater les Vinvinteurs; un concept hybride à la sauce 2.0 entre émission et série, avec des bouts de cerveau et de rigolade en pagaille. Ca fait du bien. levinvinteur.com

    Internet aussi peut être intelligent.

  •  - Par Anonyme

    Un blogueur français qui traite de tous les sujets geek&tech, avec un œil critique sur les dérives liberticides bientôt mises en place, et des outils et astuces pour ne pas égarer sa liberté en ligne. Korben.info, c'est le bien !
    Dans la même veine, il est urgent de se mater les Vinvinteurs; un concept hybride à la sauce 2.0 entre émission et série, avec des bouts de cerveau et de rigolade en pagaille. Ca fait du bien. levinvinteur.com

    Internet aussi peut être intelligent.

  •  - Par Anonyme

    Un blogueur français qui traite de tous les sujets geek&tech, avec un œil critique sur les dérives liberticides bientôt mises en place, et des outils et astuces pour ne pas égarer sa liberté en ligne. Korben.info, c'est le bien !
    Dans la même veine, il est urgent de se mater les Vinvinteurs; un concept hybride à la sauce 2.0 entre émission et série, avec des bouts de cerveau et de rigolade en pagaille. Ca fait du bien. levinvinteur.com

    Internet aussi peut être intelligent.

  •  - Par Anonyme

    Le pire, c'est sur Facebook™ : on n'a pas le droit de dire que l'on n'aime pas.

    Moi : j'aime pas.

    Mais même : je n'aime pas plein de choses. Des choses que des connaissances mettent en ligne et que je trouve dérisoires, absurdes, moches. Des choses qui font perdre du temps. Des gens aussi : j'aimerais dire que je n'aime pas sur Facebook™. Mais Facebook™, c'est un nouveau monde où les gens qui se parlent sont d'accord, sous peine d'être supprimés des profils des autres. Je voudrais un gros bouton : "J'aime pas". Et je voudrais que ce gros bouton fasse directement disparaître la page en question.

    Je voudrais être contre. Je voudrais être un tueur.

    GF
    >http://grosse.fatigue.free.fr/causetoujours/

  •  - Par Anonyme

    Le pire, c'est sur Facebook™ : on n'a pas le droit de dire que l'on n'aime pas.

    Moi : j'aime pas.

    Mais même : je n'aime pas plein de choses. Des choses que des connaissances mettent en ligne et que je trouve dérisoires, absurdes, moches. Des choses qui font perdre du temps. Des gens aussi : j'aimerais dire que je n'aime pas sur Facebook™. Mais Facebook™, c'est un nouveau monde où les gens qui se parlent sont d'accord, sous peine d'être supprimés des profils des autres. Je voudrais un gros bouton : "J'aime pas". Et je voudrais que ce gros bouton fasse directement disparaître la page en question.

    Je voudrais être contre. Je voudrais être un tueur.

    GF
    >http://grosse.fatigue.free.fr/causetoujours/

  •  - Par massai

    Je me souviens de ces chercheurs qui "jouaient" avec le net de leurs labos et avec le réseau mondial de la recherche (1998) pour trouver un appart à Londres ou à Berlin et y passer un week end pas cher, je me souviens de leurs "textes" construits à plusieurs, de différents labos,de différents pays, en ligne et en partage, je me souviens cette enquete sur les "futurs usages du minitel " , je me souviens de la page aride de google 1, du rayon de la FNAC famelique sur la question des usages du net, hebergé dans le rayon informatique, je me souviens des bouquins de Himanen, de la guerre des prophètes geeks, de l'hysterie bulle 1, de la défiance bulle 2, de la guerre bulle 3 ( on y est ) ..... les internets ? oui, oui . nous y sommes et c'est parti .... pour le meilleur et ...

  •  - Par Anonyme  via rue89

    J'ai découvert internet en 1993. J'étais jeune thésard, dans un labo de sciences sociales, et c'est un chercheur en paléontologie qui m'avait montré les possibilités du truc, autre que l'email. J'ai téléchargé un mosaïc sur le seul post du labo qui était équipé d'un modem 14,4k. Très vite, j'ai voulu convaincre mes collègues de l'intérêt de la chose, et j'ai poussé pour équiper le labo. En 1994, j'ai fait acheter des centaines de mètres de cable ethernet, un routeur, des prises RJ45, et j'ai pris le parti d'installer moi-même le réseau dans tous les bureaux du labo. Je m'étais connecté sur un sous-réseau, un ancêtre du peer-to-peer, les réseaux Hotline. Dans des serveurs distants, à Toulouse, à Bordeaux, à Paris, des ingénieurs déposaient des modes d'emploi, des tutoriels, et répondaient aux questions via un chat. J'ai appris à configurer physiquement le réseau, à flasher les modems et optimiser les serveurs, puis, plus tard, à hacker des matériels. Ce partage du savoir me fascinait. Au-delà du partage, l'idée de mettre en ligne les modes d'emplois des matériels, des cours de programmation, des tutoriels, ouvrait des perspectives incroyables pour le jeune chercheur que j'étais. Internet était à la fois un lieu de conservation d'une mémoire, et de transmission de savoir. Ce n'était que le début. Personne ne pensait encore à dévoyer ces possibilités de partage. Qu'un gros porc puisse aujourd'hui devenir millionnaire avec mégamachin me débecte, pour tout dire.
    Il n'y avait pas de pédonazis, personne dans le monde politique ne s'intéressait à ce truc fumeux d'internet, les hiérarchies scientifiques françaises n'y comprenaient rien.
    Bref; c'était le bonheur.

  •  - Par Anonyme  via rue89

    J'ai découvert internet en 1993. J'étais jeune thésard, dans un labo de sciences sociales, et c'est un chercheur en paléontologie qui m'avait montré les possibilités du truc, autre que l'email. J'ai téléchargé un mosaïc sur le seul post du labo qui était équipé d'un modem 14,4k. Très vite, j'ai voulu convaincre mes collègues de l'intérêt de la chose, et j'ai poussé pour équiper le labo. En 1994, j'ai fait acheter des centaines de mètres de cable ethernet, un routeur, des prises RJ45, et j'ai pris le parti d'installer moi-même le réseau dans tous les bureaux du labo. Je m'étais connecté sur un sous-réseau, un ancêtre du peer-to-peer, les réseaux Hotline. Dans des serveurs distants, à Toulouse, à Bordeaux, à Paris, des ingénieurs déposaient des modes d'emploi, des tutoriels, et répondaient aux questions via un chat. J'ai appris à configurer physiquement le réseau, à flasher les modems et optimiser les serveurs, puis, plus tard, à hacker des matériels. Ce partage du savoir me fascinait. Au-delà du partage, l'idée de mettre en ligne les modes d'emplois des matériels, des cours de programmation, des tutoriels, ouvrait des perspectives incroyables pour le jeune chercheur que j'étais. Internet était à la fois un lieu de conservation d'une mémoire, et de transmission de savoir. Ce n'était que le début. Personne ne pensait encore à dévoyer ces possibilités de partage. Qu'un gros porc puisse aujourd'hui devenir millionnaire avec mégamachin me débecte, pour tout dire.
    Il n'y avait pas de pédonazis, personne dans le monde politique ne s'intéressait à ce truc fumeux d'internet, les hiérarchies scientifiques françaises n'y comprenaient rien.
    Bref; c'était le bonheur.

  •  - Par Anonyme  via rue89

    J'ai découvert internet en 1993. J'étais jeune thésard, dans un labo de sciences sociales, et c'est un chercheur en paléontologie qui m'avait montré les possibilités du truc, autre que l'email. J'ai téléchargé un mosaïc sur le seul post du labo qui était équipé d'un modem 14,4k. Très vite, j'ai voulu convaincre mes collègues de l'intérêt de la chose, et j'ai poussé pour équiper le labo. En 1994, j'ai fait acheter des centaines de mètres de cable ethernet, un routeur, des prises RJ45, et j'ai pris le parti d'installer moi-même le réseau dans tous les bureaux du labo. Je m'étais connecté sur un sous-réseau, un ancêtre du peer-to-peer, les réseaux Hotline. Dans des serveurs distants, à Toulouse, à Bordeaux, à Paris, des ingénieurs déposaient des modes d'emploi, des tutoriels, et répondaient aux questions via un chat. J'ai appris à configurer physiquement le réseau, à flasher les modems et optimiser les serveurs, puis, plus tard, à hacker des matériels. Ce partage du savoir me fascinait. Au-delà du partage, l'idée de mettre en ligne les modes d'emplois des matériels, des cours de programmation, des tutoriels, ouvrait des perspectives incroyables pour le jeune chercheur que j'étais. Internet était à la fois un lieu de conservation d'une mémoire, et de transmission de savoir. Ce n'était que le début. Personne ne pensait encore à dévoyer ces possibilités de partage. Qu'un gros porc puisse aujourd'hui devenir millionnaire avec mégamachin me débecte, pour tout dire.
    Il n'y avait pas de pédonazis, personne dans le monde politique ne s'intéressait à ce truc fumeux d'internet, les hiérarchies scientifiques françaises n'y comprenaient rien.
    Bref; c'était le bonheur.

  •  - Par Anonyme  via rue89

    J'ai découvert internet en 1993. J'étais jeune thésard, dans un labo de sciences sociales, et c'est un chercheur en paléontologie qui m'avait montré les possibilités du truc, autre que l'email. J'ai téléchargé un mosaïc sur le seul post du labo qui était équipé d'un modem 14,4k. Très vite, j'ai voulu convaincre mes collègues de l'intérêt de la chose, et j'ai poussé pour équiper le labo. En 1994, j'ai fait acheter des centaines de mètres de cable ethernet, un routeur, des prises RJ45, et j'ai pris le parti d'installer moi-même le réseau dans tous les bureaux du labo. Je m'étais connecté sur un sous-réseau, un ancêtre du peer-to-peer, les réseaux Hotline. Dans des serveurs distants, à Toulouse, à Bordeaux, à Paris, des ingénieurs déposaient des modes d'emploi, des tutoriels, et répondaient aux questions via un chat. J'ai appris à configurer physiquement le réseau, à flasher les modems et optimiser les serveurs, puis, plus tard, à hacker des matériels. Ce partage du savoir me fascinait. Au-delà du partage, l'idée de mettre en ligne les modes d'emplois des matériels, des cours de programmation, des tutoriels, ouvrait des perspectives incroyables pour le jeune chercheur que j'étais. Internet était à la fois un lieu de conservation d'une mémoire, et de transmission de savoir. Ce n'était que le début. Personne ne pensait encore à dévoyer ces possibilités de partage. Qu'un gros porc puisse aujourd'hui devenir millionnaire avec mégamachin me débecte, pour tout dire.
    Il n'y avait pas de pédonazis, personne dans le monde politique ne s'intéressait à ce truc fumeux d'internet, les hiérarchies scientifiques françaises n'y comprenaient rien.
    Bref; c'était le bonheur.

  •  - Par Anonyme  via rue89

    J'ai découvert internet en 1993. J'étais jeune thésard, dans un labo de sciences sociales, et c'est un chercheur en paléontologie qui m'avait montré les possibilités du truc, autre que l'email. J'ai téléchargé un mosaïc sur le seul post du labo qui était équipé d'un modem 14,4k. Très vite, j'ai voulu convaincre mes collègues de l'intérêt de la chose, et j'ai poussé pour équiper le labo. En 1994, j'ai fait acheter des centaines de mètres de cable ethernet, un routeur, des prises RJ45, et j'ai pris le parti d'installer moi-même le réseau dans tous les bureaux du labo. Je m'étais connecté sur un sous-réseau, un ancêtre du peer-to-peer, les réseaux Hotline. Dans des serveurs distants, à Toulouse, à Bordeaux, à Paris, des ingénieurs déposaient des modes d'emploi, des tutoriels, et répondaient aux questions via un chat. J'ai appris à configurer physiquement le réseau, à flasher les modems et optimiser les serveurs, puis, plus tard, à hacker des matériels. Ce partage du savoir me fascinait. Au-delà du partage, l'idée de mettre en ligne les modes d'emplois des matériels, des cours de programmation, des tutoriels, ouvrait des perspectives incroyables pour le jeune chercheur que j'étais. Internet était à la fois un lieu de conservation d'une mémoire, et de transmission de savoir. Ce n'était que le début. Personne ne pensait encore à dévoyer ces possibilités de partage. Qu'un gros porc puisse aujourd'hui devenir millionnaire avec mégamachin me débecte, pour tout dire.
    Il n'y avait pas de pédonazis, personne dans le monde politique ne s'intéressait à ce truc fumeux d'internet, les hiérarchies scientifiques françaises n'y comprenaient rien.
    Bref; c'était le bonheur.

  • Je me souviens de l'émotion devant 'Mosaic' compilé pour la 1ère fois, pour y entrer quelques adresses échangées par email, et voir des images du Louvre s'afficher sur l'écran, au dessus de mes fenetres noires et vertes. Un choc ! Mais pas encore de moteur de recherche, alors on s'échangeait par email qqs IPs ou noms de domaine, pour accéder aux premiers sites en ligne... Je me souviens que je confondais 'ethernet' et 'internet' ! N'ayant qu'un pauvre modem à l'époque, je me connectais sur le serveur de l'université via mon minitel en mode terminal pour lancer qqs downloads ou process, consulter mes emails en 'haut débit', ou accéder à ces directories ftp 'warez' cachés en mettant un '.' devant...
    Ca changeait de l'époque ou on s'échangeait les softs par courrier en y glissant une disquette 5'1/4 découpée au ciseau pour la rendre double face, ou que l'on se copiait durant la nuit des pages de codes depuis la revue 'Hebdogiciel' -entre autre- (qui fut ma première publication officielle, à 14 ans...).
    Quel bonheur naïf !

  • Je me souviens de l'émotion devant 'Mosaic' compilé pour la 1ère fois, pour y entrer quelques adresses échangées par email, et voir des images du Louvre s'afficher sur l'écran, au dessus de mes fenetres noires et vertes. Un choc ! Mais pas encore de moteur de recherche, alors on s'échangeait par email qqs IPs ou noms de domaine, pour accéder aux premiers sites en ligne... Je me souviens que je confondais 'ethernet' et 'internet' ! N'ayant qu'un pauvre modem à l'époque, je me connectais sur le serveur de l'université via mon minitel en mode terminal pour lancer qqs downloads ou process, consulter mes emails en 'haut débit', ou accéder à ces directories ftp 'warez' cachés en mettant un '.' devant...
    Ca changeait de l'époque ou on s'échangeait les softs par courrier en y glissant une disquette 5'1/4 découpée au ciseau pour la rendre double face, ou que l'on se copiait durant la nuit des pages de codes depuis la revue 'Hebdogiciel' -entre autre- (qui fut ma première publication officielle, à 14 ans...).
    Quel bonheur naïf !

  • Je me souviens de l'émotion devant 'Mosaic' compilé pour la 1ère fois, pour y entrer quelques adresses échangées par email, et voir des images du Louvre s'afficher sur l'écran, au dessus de mes fenetres noires et vertes. Un choc ! Mais pas encore de moteur de recherche, alors on s'échangeait par email qqs IPs ou noms de domaine, pour accéder aux premiers sites en ligne... Je me souviens que je confondais 'ethernet' et 'internet' ! N'ayant qu'un pauvre modem à l'époque, je me connectais sur le serveur de l'université via mon minitel en mode terminal pour lancer qqs downloads ou process, consulter mes emails en 'haut débit', ou accéder à ces directories ftp 'warez' cachés en mettant un '.' devant...
    Ca changeait de l'époque ou on s'échangeait les softs par courrier en y glissant une disquette 5'1/4 découpée au ciseau pour la rendre double face, ou que l'on se copiait durant la nuit des pages de codes depuis la revue 'Hebdogiciel' -entre autre- (qui fut ma première publication officielle, à 14 ans...).
    Quel bonheur naïf !

  •  - Par Anonyme

    En 1996, je travaillais chez un fournisseur d'accès à Internet (FAI) indépendant, comme il en existait beaucoup à cette époque (la société existe d'ailleurs toujours, mais ce n'est plus un FAI grand public)
    C'était avant la bulle Internet, une époque où des institutions comme le Journal du Net démarraient tout juste, où la Redoute lançait un site précurseur, qui ne faisait pas encore de vente en ligne, où les régies de publicité n'avaient pas encore envahi les sites éditoriaux de leurs bannières.
    On surfait avec Netscape 1.2 et on lisait ses mails avec Eudora, même après avoir testé le premier logiciel mail de Microsoft. On pouvait désactiver les images sur les navigateurs pour accélérer le chargement car la connexion coûtait cher (Free n'est arrivé qu'en 1998) et les modems 28.8 étaient très lents.
    On utilisait des moteurs de recherche comme Altavista, Excite, Lycos. Google s'appelait encore BackRub et n'était qu'un projet universitaire de Larry Page et Sergey Brin.
    Compuserve, America Online, MSN network croyaient encore qu'ils pourraient créer des réseaux parallèles au web.
    On papotait sur IRC, posait ses questions dans les newsgroups et on tombait parfois sur des sites Gopher.
    On faisait des sites avec quelques lignes de code HTML, des gifs animés, des frames et on les codaient à la main car Frontpage et Dreamweaver n'existaient pas.
    On savait qu'Internet changeraient nos vies alors que nos amis étaient encore sceptiques à son propos.
    On croyait encore à la Déclaration d'indépendance du Cybermonde de John Perry Barlow
    http://www.pvr-zone.ca/declaration.htm

    C'était il y a 17 ans, une éternité !

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